21/04/2026
Les rapports de police constituent une source d’information essentielle, mais sont malheureusement sous-exploitée, pour comprendre la violence entre partenaires intimes.
Contrairement aux enquêtes déclaratives ou de victimation (1), ces données offrent un aperçu populationnel beaucoup plus
précis sur le déroulement des faits.
Une analyse des signalements à Los Angeles (2020-2023) révèle des tendances claires :
Ces chiffres officiels, même s’ils sont d’un pays étranger, permettent de dresser un portrait factuel et quasi universelle de la violence conjugale, de ses contextes et de ses variations temporelles, au-delà du seul ressenti des victimes.
Les données policières indiquent une nette différence entre les sexes.
Cet écart traduit à la fois une prévalence plus élevée et une propension différente à signaler les faits.
> Chez les hommes, les obstacles au dépôt de plainte restent considérables (crainte du ridicule ou accusations inverses)
L’âge des victimes confirme une tendance factuelle et documentée :
> La tranche des 25-29 ans totalise 19,49 % des cas, suivie des 30-34 ans (18,68 %) et des 18-24 ans
(17,10 %).
À l’opposé, les personnes de 65 ans et plus ne concentrent que 1,90 % des signalements.
L’analyse des lieux de disputes ne laisse aucune place à l’interprétation :
> Ce chiffre confirme l’intimité du cadre comme facteur de risque principal.
À l’inverse, les espaces publics ne concentrent que 18,22 % des signalements, et les zones de transport 6,52 %.
Les commerces, lieux de loisirs ou établissements de santé regroupent moins de 2 % des cas cumulés.
Les professionnels (services sociaux, voisins) n’interviennent donc que rarement en prévention directe.
Parmi les cinq sous-types recensés :
Attention, ce déséquilibre ne reflète pas une réalité épidémiologique, mais un biais de détection :
Les armes à feu (2,25 %), les armes blanches (3,98 %) ou les objets contondants (1,87 %) sont peu mentionnés.
Dans 83,82 % des signalements pour violence physique, aucune arme n’est utilisée.
Le tableau ci-dessous synthétise les proportions par type d’incident.
Il ne s’agit pas d’une légende urbaine, les signalements suivent un rythme saisonnier très marqué :
> Cette cyclicité résiste aux perturbations exceptionnelles (confinements liés au COVID-19).
Le jour de la semaine joue également un rôle déterminant.
En semaine, les chiffres chutent (46 à 50 signalements).
Ces variations correspondent à une augmentation des interactions prolongées au domicile et à une probable hausse des consommations d’alcool.
Les chiffres de police confirment que la violence conjugale signalée touche en priorité les jeunes femmes, dans l’espace domestique, sans usage d’arme.
La sous-représentation des violences psychologiques et économiques constitue un angle mort majeur des statistiques administratives.
Pour les acteurs publics, plusieurs leviers émergent :
> Enfin, il faudrait interpréter ces chiffres comme des indicateurs de signalement, non comme une mesure exacte de la prévalence, car cela reste une précaution méthodologique incontournable.
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Sources :
- (1) https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/L-enquete-Cadre-de-vie-et-securite-CVS
- https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12837536/
- https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/1088767912471341
- https://journals.sagepub.com/doi/10.1089/jwh.2017.6811?url_ver=Z39.88-2003&rfr_id=ori:rid:crossref.org&rfr_dat=cr_pub%20%200pubmed
- https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26228917/