08/04/2026
Chaque année, des milliers de victimes renoncent à déposer plainte après une agression sexuelle.
Pourtant, les données officielles indique une augmentation des signalements.
Ce décalage entre les chiffres enregistrés et la réalité vécue révèle un phénomène laborieux : la hausse des plaintes pour violences sexuelles n’est qu’une réalité partielle.
En s’appuyant sur des statistiques mondiales et l’enquête nationale américaine, cet chronique explore comment la résistance physique, ou son absence, influence les tendances au signalement, ainsi que les discriminations implicites pesant sur les victimes de violences conjugales et autres agressions sexuelles.
La disponibilité des données sur la violence faite aux femmes et aux filles s’est considérablement améliorée ces dernières années et les données sur la prévalence des violences perpétrées par les partenaires intimes sont désormais disponibles pour au moins 106 pays
Malgré sa prévalence, les violences sexuelles demeurent un crime largement sous-déclaré dans le monde.
Des recherches antérieures suggèrent que l'engagement dans une résistance physique lors d'une agression sexuelle affecte la manière dont les victimes et les autres personnes perçoivent l'attaque.
À l'aide d'un cadre théorique combat/fuite/figé, la présente étude (2) visait à examiner comment les réponses énergiques, non-énergiques et figées influençaient le signalement des victimes et la
mesure dans laquelle les agressions signalées étaient poursuivies et enquêtées par les forces de l'ordre
À l'aide des données de l'Enquête nationale sur les victimes de la criminalité entre 2010 et 2016, une analyse de régression logistique a indiqué que les victimes sont beaucoup moins susceptibles
de signaler aux forces de l'ordre si elles se sont figées pendant l'attaque.
Bien que l'engagement dans une résistance physique énergique augmente la probabilité que les victimes signalent aux forces de l'ordre l’agression, cela n'a aucune incidence sur la réponse des forces de l'ordre au-delà de l'effet des blessures physiques.
Au contraire, les blessures physiques (ecchymoses, coupures, fractures...) sont le seul prédicteur de la réponse des forces de l'ordre aux allégations d'agression sexuelle.
En France, comme partout dans le monde, le dépôt de plainte reste très minoritaire dans le cadre des agressions sexuelles et aucune recherche de ce type n’est encouragé.
Selon l’enquête de victimation « Cadre de vie et sécurité », effectuée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (3), pour compléter les données brutes des plaintes enregistrées.
Seulement 27 % des victimes de violences se sont déplacées au commissariat ou à la gendarmerie, 18 % ont déposé plainte et 7 % une main courante ou un procès-verbal de renseignement judiciaire.
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Mise à jour du 22/05/2022
Sources :
(1) Quelques faits et chiffres : la violence à l’égard des femmes et des filles
https://www.unwomen.org/fr/what-we-do/ending-violence-against-women/facts-and-figures
(2) The Influence of Sexual Assault Resistance on Reporting Tendencies and Law Enforcement Response: Findings From the National Crime Victimization Survey. Caitlin M. Pinciotti, Antonia V. Seligowski.
https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/0886260519877946
(3) Insécurité et victimation : les enseignements de l’enquête Cadre de vie et sécurité - édition 2021
https://www.interieur.gouv.fr/content/download/131108/1042621/file/CVS_2021_.p