18/12/2025
Les féminicides conjugaux constituent l'une des manifestations les plus horribles des violences domestiques en France.
Malgré la gravité du phénomène, les statistiques officielles françaises ne désagrègent pas les données relatives au type d'arme utilisé dans ces féminicides.
Cette lacune rend impossible la quantification précise du pourcentage de féminicides au couteau
en France impossible.
Toutefois, sur la base des données disponibles et des comparaisons internationales, on peut estimer que le couteau est impliqué dans 25 % à 40 % des féminicides
conjugaux, ce qui en ferait la deuxième ou troisième arme la plus fréquemment utilisée après l'asphyxie et potentiellement avant les armes à feu.
> Cette plage d'estimation repose sur :
Les organismes statistiques français, notamment le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) et l'Institut national de la statistique (INSEE), ne publient pas de données désagrégées sur le type spécifique d'arme utilisé dans les homicides conjugaux :
Les statistiques officielles suivent généralement une structure élémentaire classant les décès par catégories générales :
Cette classification binaire empêche toute distinction entre :
Les études médico-légales, particulièrement celles provenant des services d'autopsie et de médecine légale régionale, offrent des aperçus partiels mais révélateurs.
> Cependant, ces études restent géographiquement limitées à certains territoires judiciaires et ne sont pas représentatives de l'ensemble du territoire français.
Les victimes tuées au couteau présentent généralement des caractéristiques médico-légales distinctes :

En l'absence de données complètes pour la France, les études européennes offrent un cadre de référence pertinent.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) situe les armes blanches (couteaux, haches, objets improvisés) comme le troisième mode opératoire mondial après l'asphyxie-strangulation et les armes à
feu.
> Aux États-Unis, où les taux de féminicides sont nettement plus élevés, le couteau intervient dans environ 15 à 20 % des féminicides intimes, proportion
inférieure à celle observée en Europe, reflétant la plus grande facilité d’accessibilité des armes à feu.

Le SSMSI produit des rapports annuels sur les violences conjugales, mais les données sont fortement agrégées au niveau national sans précision par type d'arme.
La Mission Interministérielle de Prévention de la Récidive et de la Fraude (MIPROF) coordonne le suivi des féminicides et maintient des bases de données détaillées, mais ces informations ne sont pas accessibles au niveau de précision requis par les chercheurs.
Plusieurs biais méthodologiques dégradent la qualité des statistiques disponibles sur les armes dans les féminicides.
L'hétérogénéité du classement représente un premier obstacle :
La précision des rapports d'autopsie crée une deuxième limitation, certains dossiers ne précisant pas le type d'arme avec exactitude :
> La sous-déclaration constitue une quatrième problématique :
Pour construire une estimation prudente du pourcentage de féminicides au couteau en France, une approche combinatoire s'impose.
L'examen indirect des données concernant les menaces à l'arme blanche ou les blessures non-mortelles au couteau dans les contextes de violences conjugales offre une approche intéressante.
> Ces données suggèrent que l'usage du couteau dépasse celui de toute autre arme blanche dans les situations d'agression domestique, et probablement surpasse l'utilisation des armes à feu, bien plus soumises à une régulation légale en France.
L'estimation raisonnable du pourcentage de féminicides au couteau en France est influencée par plusieurs facteurs contextuels.
Le facteur géographique revêt une importance capitale :
Le facteur socio-économique joue également un rôle :
> L'évolution temporelle des modes opératoires reste insuffisamment documentée à l'échelle nationale, créant une incertitude supplémentaire.
Les facteurs démographiques influencent également le choix de l'arme :
Le couteau demeure une arme significative dans les violences conjugales envers les femmes battues en France, bien que l'absence de données officielles empêche une quantification précise.
Sur la base des données fragmentaires disponibles et des comparaisons internationales, le pourcentage de féminicides au couteau en France peut être raisonnablement estimé entre 25
% et 40 % des féminicides conjugaux mortels.
Cette estimation place le couteau au second ou au troisième rang des armes utilisées.
Les organismes statistiques français devraient prioritairement améliorer la densité de leurs collectes de données pour permettre une compréhension précise de ce phénomène délétère.
> Les statistiques actuellement disponibles et les taux d'agression documentés restent insuffisants.
Nombre d'agressions au couteau en Espagne Estimé entre 25 et 35 homicides aux couteaux annuellement, le nombre d'agressions au couteau en Espagne représente 12 à 18 % de la totalité des meurtres
Éducation sur la criminalité au couteau auprès des adolescents L'éducation sur la criminalité au couteau auprès des adolescents s'avère particulièrement efficace lorsqu'elle s'appuie sur des témoignages directs...
Sources :
- https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8432875/
- https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0398762021001681?via%3Dihub
- https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8885817/
- https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9755339/
- https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5657947/
- https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8378393/
- https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11518193/
- https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10039587/