04/07/2026
Le cou constitue la troisième zone corporelle la plus touchée lors des agressions à l'arme blanche, après le thorax et l'abdomen.
Face à une victime de blessure par arme blanche au cou, les premiers gestes des secouristes engagent une chaîne de
décisions dont les conséquences se jouent pendant le transport et l'arrivée aux urgences.
Si l'immobilisation systématique de la colonne cervicale demeure inscrite dans de nombreux protocoles préhospitaliers, des données récentes (2026) invitent à reconsidérer cette pratique.
L'examen des travaux disponibles révèle que l'immobilisation de la colonne vertébrale préhospitalière est associée à une mortalité plus élevée dans les traumatismes pénétrants et ne devrait pas
être couramment utilisée chez chaque patient.
Des travaux antérieurs ont suggéré que l'immobilisation de la colonne vertébrale préhospitalière offre un avantage minimal pour les patients traumatiques pénétrants, tout en consommant un temps précieux susceptible de retarder les soins de traumatisme définitifs.
> Pour tester cette proposition, une analyse rétrospective a été conduite à partir de la Banque Nationale de données sur les traumatismes, avec recours à la régression logistique multiple prenant la mortalité comme mesure de résultat primaire.
L'étude a porté sur un total de 45 284 patients traumatiques pénétrants.
La mortalité globale observée dans cette population s'établissait à 8,1 %. La comparaison entre les deux groupes révèle un écart :
Le taux de décès pour les patients immobilisés par la colonne vertébrale atteignait 2,06 (intervalle de confiance à 95 %) par rapport aux patients non immobilisés.
L'analyse des sous-ensembles a mis en évidence des tendances constantes dans toutes les populations examinées.
Pour mesurer le rapport bénéfice-risque de l'immobilisation cervicale, les chercheurs ont calculé deux indicateurs.
Sur l'ensemble des 45 284 patients étudiés, seulement 30 individus (0,01 %) présentaient une lésion incomplète de la moelle épinière et
subissaient une fixation opératoire de la colonne vertébrale.
Ce chiffre interroge directement la pertinence d'une immobilisation systématique :
Une seconde étude, publiée en 2026, a passé en revue l'expérience acquise avec les lésions du cou pénétrantes secondaires aux plaies par arme blanche.
Sur les 1 249 cas de lésions du cou pénétrantes enregistrés sur dix ans, 1 028 étaient dus à une arme blanche.
La population victime se caractérisait par une prédominance masculine (90 %) et un âge moyen de 30 ans
La distribution zonale des plaies externes se répartissait comme suit :
- 329 cas (32 %) dans la zone 1
- 469 cas (46 %) dans la zone 2
- 164 cas (16 %) dans la zone 3
- Et 162 cas (16 %) dans le triangle postérieur du cou
Dans 82 cas (8 %), une lésion de la colonne cervicale a été maintenue. Dans aucun de ces cas, la lésion n'était instable.
> Ces résultats indiquent que, bien qu'il existe une incidence non négligeable de lésions médullaires après une plaie par arme blanche au cou, la proportion de lésions instables nécessitant une fixation chirurgicale demeure très faible.
Les données convergent vers une conclusion claire :
L'immobilisation systématique est associée à une mortalité plus élevée dans les traumatismes pénétrants, comme l'ont montré les travaux sur la Banque nationale de données sur les
traumatismes.
Le rapport entre le nombre nécessaire pour traiter (1 032) et le nombre nécessaire pour nuire (66) illustre de manière frappante ce déséquilibre :
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