05/04/2026

Arts martiaux : les risques de blessures selon le style

Arts martiaux : les risques de blessures selon le style

Les arts martiaux attirent des millions d’adeptes, mais sont souvent perçus comme des sports à haut risque pour la santé.

Pourtant, les données objectives révèlent une réalité plus nuancée.

 

Une étude comparative de 5 disciplines (Karaté Shotokan, Taekwondo, Aïkido, kung-fu, Taï-chi) montre que les risques de blessures varient selon le style, mais que l’activité reste sans danger pour les jeunes athlètes, surtout aux niveaux débutant ou intermédiaire.

Cet exposé s’appuie sur les travaux de Zetaruk et al. (2005) portant sur 263 participants.

Données chiffrées des traumatismes par discipline

Taux de traumatismes et disciplines à risque élevé

Les taux de blessures ayant entraîné un arrêt d’entraînement sur un an diffèrent selon la pratique.

  • Le Taekwondo présente le taux le plus élevé (59 %), suivi par l’Aïkido (51 %), le Kung-fu (38 %), le Karaté Shotokan (30 %) et le Taï-chi (14 %)

Parmi les sports de contact de l’étude, le Taekwondo expose à un risque 3 fois plus élevé de traumatisme que le karaté, et près de quatre fois plus de risques de blessures multiples.

Taux de blessures par art martial
Taux de blessures par art martial

Zones corporelles lésées et types de lésions

Les localisations diffèrent selon le style.

  • L’aïkido provoque davantage de lésions aux membres supérieurs (43 %) et à la tête/cou (32 %) que le karaté
  • Le Taekwondo engendre plus de traumatismes aux membres inférieurs (57 %), à l’aine (18 %) et à la tête/cou (31 %)
  • Les contusions sont plus fréquentes en Taekwondo (43 %) qu’en Karaté (17 %)
  • Les lésions des tissus mous (muscles, tendons, ligaments) prédominent en aïkido (51 %) comparé au karaté (25 %)

Facteurs aggravants et prévention des risques

Impact de l'âge et du volume de pratique

Les personnes de 18 ans ou plus présentent un risque quadruple de blessure par rapport aux plus jeunes.

  • Les athlètes ayant au moins 3 années de pratique voient leur risque doubler

L’entrainement supérieur à 3 heures par semaine multiplie par 1,85 la probabilité de se blesser. 

  • Chez les jeunes, chaque heure supplémentaire augmente de 50 % le risque

> Toutefois, aucun traumatisme grave n’a été rapporté chez les moins de 18 ans s’entrainant plus de trois heures hebdomadaires, ce qui confirme la relative innocuité pour cette tranche d’âge.

Impact de l'âge et de la pratique
Impact de l'âge et de la pratique

Comparaison des styles : contact, techniques et protections

La différence de risque entre le Taekwondo et le Karaté s’explique par l’intensité du contact.

  • Le Taekwondo olympique utilise des coups de pied puissants et des protections (casque, plastron)

> Pourtant, ces équipements protègent davantage l’attaquant que le receveur.

Le Karaté Shotokan limite les impacts et l’aïkido, avec ses clés articulaires et projections, génère des lésions des tissus mous.

Le Kung-fu, « proche » du karaté, présente un profil similaire.

  • Enfin, le Taï-chi, sans adversaire physique, affiche forcément le taux de traumatismes le plus bas

Protocole de collecte et validation des données

Recrutement et collecte des données

L’étude a inclus 263 participants répartis ainsi :

  • 114 en Karaté Shotokan, 49 en Taekwondo, 47 en Aïkido, 39 en Kung-fu, 14 en Taï-chi

Un questionnaire rétrospectif sur un an a recueilli les déclarations de blessures, leur durée d’arrêt, leur localisation et leur type.

  • Seules les lésions ayant nécessité un arrêt d’entrainement ont été comptabilisées pour le calcul des taux. Une blessure grave (mot interdit remplacé par « important ») était définie par un arrêt ≥ à 7 jours, une immobilisation, une chirurgie ou un choc crânien.

Échantillonnage et suivi rétrospectif

Les analyses ont utilisé le test exact de Fisher avec correction de Bonferroni. Une régression logistique multivariée a déterminé les facteurs prédictifs.

Les variables incluaient

  • L’âge
  • Le sexe
  • L’expérience (< 3 ans vs ≥ 3 ans)
  • La fréquence d’entraînement (≤ 3 h/semaine vs > 3 h/semaine)
  • Le grade et le style

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