09/04/2026
Le lien entre troubles psychiatriques et violence cristallise les peurs collectives et oriente les politiques de santé mentale depuis des siècles.
Pourtant, la réalité scientifique est plus nuancée :
Comprendre cette association permet d'éclairer les débats sur la gestion des troubles psychiques en société, en distinguant le rôle de la pathologie elle-même de celui des facteurs sociaux, biologiques et addictifs qui amplifient les comportements violents.
La majorité des personnes souffrant de troubles psychiatriques grave dans notre société ne sont pas violents (1).
On retrouve malgré tout une augmentation du risque total de violence, d’agression et de conduites antisociales par rapport à la population générale.
Démontré par John Monahan et ses confrères :
La législation, « les tribunaux et le public s'attendent à ce que les professionnels de la santé mentale les protègent contre les actes violents commis par des personnes atteintes de troubles mentaux.
> Pourtant, pendant trois décennies, la recherche a montré que les évaluations sans aide des cliniciens de la « dangerosité » sont à peine meilleures que le hasard... » (1).
Sheilagh Hodgins (2) en 1992 a examiné la relation entre la criminalité et les troubles mentaux ; la criminalité et la déficience intellectuelle dans une cohorte 15 000 hommes et
de femmes suédois pendant 30 ans.
En analysant cette cohorte, elle a découvert que :
Cette observation a été reproduite dans une autre étude (3) chez plus de 12 000 personnes pendant 26 ans.
Les recherches de Mullen et ses confrères (5) ont également démontré que les personnes souffrantes de schizophrénie présentaient une augmentation du risque de commettre un crime 3 fois supérieur à la moyenne au cours de leur vie, sauf pour les crimes d’ordre sexuel, comparés à un groupe témoin provenant de la même communauté.
> Les résultats indiquent donc que le risque de comportement violent et les agressions est significativement plus élevé chez les sujets atteints de troubles psychiatriques.
Sauf qu’il apparaît, en regard du développement des comportements de violence et d’agression, qu’il s’agit plus qu’un lien direct entre la pathologie psychiatrique et la violence.
> Mais plutôt d’une combinaison de caractéristiques (alcoolémie, toxicomanies, biologiques et sociales) qui, à travers une trajectoire propre, intensifie le risque de commettre ce type de comportement (4).
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Mises à jour du 27/01/2024
Sources :
(1) Rethinking Risk Assessment: The MacArthur Study of Mental Disorder and Violence. January 2002 John Monahan, University of Virginia. Henry J Steadman, Eric Silver, Paul S Appelbaum. Columbia University
(2) Mental disorder, intellectual deficiency, and crime. Evidence from a birth cohort. S Hodgins
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/1599373/
(3) Specific major mental disorders and criminality: a 26-year prospective study of the 1966 northern Finland birth cohort. J Tiihonen , M Isohanni, P Räsänen, M Koiranen, J Moring https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/9167513/
(4) Prediction of differential adult health burden by conduct problem subtypes in males
Candice L Odgers, Avshalom Caspi, Jonathan M Broadbent, Nigel Dickson, Robert J Hancox, Honalee Harrington, Richie Poulton, Malcolm R Sears, W Murray Thomson, Terrie E Moffitt
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17404124/
(5) Stalkers and their victims. Mullen, Paul E. Pathé, Michele Purcell, Rosemary
https://psycnet.apa.org/record/2000-00242-000
(6) Criminal Offending in Schizophrenia Over a 25-Year Period Marked by Deinstitutionalization and Increasing Prevalence of Comorbid Substance Use Disorders. Cameron Wallace, Ph.D., Paul E. Mullen, M.B.B.S., D.Sc., F.R.A.N.Z.C.P., F.R.C.Psych., and Philip Burgess, Ph.D. https://ajp.psychiatryonline.org/doi/full/10.1176/appi.ajp.161.4.716
(7) Les malades mentaux sont-ils plus violents que les citoyens ordinaires ?
Jean-Louis Senon, Cyril Manzanera, Mikael Humeau, Louise Gotzamanis
https://www.cairn.info/revue-l-information-psychiatrique-2006-8-page-645.htm