07/12/2023
Les violences conjugales pendant la grossesse constituent une problématique de santé publique sous-médiatisée et sous-estimée,
touchant aussi bien la mère que l'enfant à naître.
Cet article est une approche des données scientifiques françaises et internationales concernant :
Il s’agit également d’une analyse de la vulnérabilité accrue des femmes enceintes, les traces psychiques laissées sur les victimes et leur progéniture, ainsi que la période à risque que représente la grossesse face à ces violences.
Il est établi que les violences conjugales ne concernent pas seulement les partenaires, mais aussi les femmes pendant la grossesse et leurs enfants.
Ainsi que des problèmes de santé, des symptômes de stress post-traumatique et un renversement des rôles observable par un processus de parentification (2).
Différentes recherches se sont également intéressées aux conséquences des violences conjugales pendant la grossesse. Elles tentent d'établir un lien entre violences conjugales et grossesse et, plus précisément, entre la survenue d'une grossesse et le début des violences conjugales.
Ce taux de violence serait trois à quatre fois supérieures en cas de grossesse non désirée.
Selon la psychiatre Muriel Salmona, la grande majorité des femmes enceintes, victimes de violences conjugales physiques, ne seraient en réalité pas repérées par les professionnels de santé.
Même pendant la grossesse, les femmes peuvent souffrir de violences conjugales.
Cette recherche (5) a estimé la prévalence (rapport entre l'ensemble des cas présents ou passés d'un événement ou d'une maladie et l'ensemble de la population exposée, à une date donnée.) de la violence physique pendant la grossesse.
Un échantillon national représentatif des naissances, dans toutes les maternités publiques et privées, en 2016 en France a été utilisé.
Les femmes ont été interrogées après l'accouchement, sur leurs conditions de vie et sur la survenue de violences physiques au moins une fois pendant la grossesse.
Sur les 12 330 femmes incluses dans l'analyse, 1,8 % ont été exposées à des violences physiques pendant leur grossesse. Le risque de violence a été associé à :
La violence physique était plus répandue en cas d'antécédents d'avortement provoqué ou de consommation de cannabis pendant la grossesse.
La détresse psychologique était plus fréquente avec que sans violence physique (62 % contre 24 % ont eu une période de tristesse pendant la grossesse.).
Le risque d'accouchement prématuré, spontané et de transfert du nouveau-né vers une unité de soins intensifs néonatals était significativement plus élevé chez les femmes victimes de violence
physique pendant la grossesse que chez les autres femmes.
> Pour ces futurs enfants qui vont indubitablement grandir dans un environnement plus ou moins favorable, l'identification par les soignants des femmes exposées à la violence pendant la grossesse se doit d'être grandement améliorée afin de développer des stratégies de prévention et de soins.
L'objectif de cette recherche (7) a été d'étudier la prévalence (auto déclarée) de la violence subie parmi un groupe de femmes environ deux ans après leur accouchement :
En 2011, un groupe de 657 femmes ont participé à la phase 3 de l'étude de cohorte sur l'accouchement et la santé dans les soins de santé primaires islandais,
18 à 24 mois après l'accouchement.
Les femmes avaient déjà participé à la phase 1 vers la 16e semaine de grossesse et à la phase 2, 5 à 6 mois après
l'accouchement.
Les principaux critères de jugement comprenaient :
Lors de la dernière phase, 16 % des femmes ont déclaré avoir été victimes de violences.
Ces femmes ont signalé davantage de problèmes de santé mentale et somatique et leur utilisation d'antidépresseurs était plus élevée.
> De plus, les femmes ayant subi des actes de violences pendant leur grossesse considéraient l'état de santé général de leur enfant comme moins bon.
Cette étude confirme, une fois de plus, que les antécédents de violence sont fréquents chez les femmes qu'elle que soit le pays.
> Les résultats de cette étude soutiennent l'importance de reconnaître et de lutter contre la violence subie par les femmes dans les soins primaires.
Réduire la violence en transformant les quartiers Un conflit armé interne ayant provoqué des déplacements massifs de population. L'émergence du narcotrafic et des cartels de drogue...
Criminalité et prise décision chez les jeunes La prise de décision chez les jeunes et la criminalité : influences des conditions stressantes, des états mentaux et physiques défavorables...
Sources :
(1) TRACES PSYCHIQUES DE VIOLENCES CONJUGALES PASSÉES SUR LA
GROSSESSE ET RISQUE DE PRÉMATURITÉ
https://violencesantefemme.fr/wp-content/uploads/2021/07/RF_016_0129.pdf
(2) https://psychologueparis-7.fr/parentification/
(3) Julie GAZMARARIAN et al., « Prevalence of violence against pregnant women », The Journal of the American Medical,
vol. 275, pp. 1915-1920, 1996 ; Alex HELTON, Judith Mc FARLANE, Elisabeth ANDERSON, « Battered and pregnant: a prevalence study », American Journal of Public Health, vol. 77, 1987, pp.1337-1339 ; Sandra MARTIN, Linda MACKIE, Lawrence
KUPPER, Paul BUESCHER, Kathrin MORACCO, « Physical Abuse of Women Before, During, and After Pregnancy », The
Journal of the American Medical, vol. 12, 2001, pp. 1581-1584 ; Donna STEWART, Anthony CECUTTI, « Physical abuse in
pregnancy », Canadian Medical Association Journal, vol. 1498, 1993, pp. 1257-1263.
(4) Muriel SALMONA, « Grossesse et violences conjugales : impact sur l’enfant », Revue l’observatoire, vol. 59, 2008
(5) Physical Violence During Pregnancy in France: Frequency and Impact on the Health of Expectant Mothers and New-Borns
Monyk N A Maciel 1 2, Béatrice Blondel 1, Marie-Josèphe Saurel-Cubizolles https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31203524/
(6) https://datascientest.com/regression-logistique-quest-ce-que-cest
(7) History of violence and subjective health of mother and child
Margret O Tomasdottir 1 2 3, Hildur Kristjansdottir 4, Amalia Bjornsdottir 5, Linn Getz 3, Thora Steingrimsdottir 6, Olof A Olafsdottir 4, Johann A Sigurdsson https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27822978/