26/06/2026
Les recherches menées depuis les années 1960 révèlent une convergence frappante entre les réponses agressives des animaux et des humains soumis à des programmes de renforcement
intermittent.
Ce phénomène, désigné sous le terme d'agression induite ou violence provoquée, survient lorsqu'un sujet attaque une cible
tout en exécutant une autre tâche récompensée.
Dans les études menées avec des sujets non humains, l'agression est définie comme un comportement d'attaque dirigé contre une cible vivante ou inanimée.
La définition du comportement agressif avec des sujets humains s'avère plus délicate en raison de la notion d'intention.
Pour contourner cette difficulté, les chercheurs ont adopté trois types de définitions opérationnelles :
L'extinction, définie comme la suppression de tout renforcement après un comportement spécifié, constitue une procédure capable d'induire des comportements agressifs.
> L'apparition de l'agression est directement proportionnelle au nombre de renforcements alimentaires pendant les périodes de renforcement continu.
L'extinction faisant suite à un historique de renforcement intermittent s'avère également capable d'induire de l'agression, avec une quantité d'agression plus importante que celle observée après
un renforcement continu.
Les horaires, qu'ils soient fixes ou variables, se sont révélés capables de provoquer des comportements agressifs.
La probabilité d'apparition des comportements agressifs suit une courbe en U inversé, avec un pic d'agression observé pour certaines valeurs spécifiques.
> Les comparaisons entre horaires fixe et à ratio variable indiquent que les premiers provoquent davantage d'attaques.
Les horaires à intervalle, dans lesquels le renforcement dépend d'une combinaison d'une réponse et du temps écoulé depuis la dernière réponse renforcée, ont également démontré leur capacité à induire des comportements agressifs.
Les horaires à temps fixe, où le renforcement non possible est délivré après une période déterminée, induisent également des comportements agressifs, avec une fréquence des attaques suivant une courbe en U inversé en fonction de l'intervalle minimum entre les présentations alimentaires.
L'extinction s'est avérée capable d'induire des comportements agressifs chez les sujets humains.
Les horaires ont été fréquemment utilisés pour provoquer des réactions à la frustration chez les sujets humains.
Si la valeur précédente était plus basse, davantage de délivrance de bruit se produisait pendant une valeur de ratio fixe donnée que si le horaire précédent était plus élevé.
> Des taux plus élevés de frappe se produisent pendant un horaire à ratio fixe plus exigeant que pendant un horaire à ratio moins exigeant.
Les horaires à intervalle n'ont pas été systématiquement étudiés chez les humains.
Une seule étude a comparé un horaire à intervalle fixe et un horaire à temps fixe.
Contrairement aux sujets animaux, les attaques humaines ne semblent pas se produire à un taux plus élevé immédiatement après l'arrêt du renforcement.
La persistance des comportements d'attaque n'a pas été systématiquement étudiée.
> La délivrance de bruit aversif a diminué sur une période de renforcements, et les frappes puissantes se sont produites à leur taux le plus élevé pendant la première condition d'extinction.
Une étude a examiné les aspects motivationnels de l'agression induite chez les humains.
Les résultats étaient particulièrement clairs pour certains sujets, et d'autres ont montré des schémas de réponse similaires à ceux des organismes subissant la procédure d'extinction.
> Certains sujets n'agressent pas du tout tandis que d'autres présentent des taux élevés d'attaque.
Deux études ont employé le sexe comme variable indépendante et n'ont trouvé aucune différence dans la quantité ou l'intensité des frappes sur une poupée par des enfants d'âge préscolaire des deux sexes.
Plusieurs études ont démontré que les sujets humains attaquent des cibles humaines et non humaines.
Les recherches menées au cours des dix dernières années ont connu une prolifération relativement rapide dans le domaine de l'agression induite par les horaires de renforcement.
Les études initiales ont été menées avec des organismes non humains, mais les investigations ultérieures se sont élargies pour inclure des sujets humains.
Bien que les recherches effectuées avec des humains soient généralement cohérentes avec les résultats obtenus avec des sujets non humains, la base de données animales est beaucoup plus complète.
> Les similitudes entre les paramètres identifiés avec les sujets animaux et ceux identifiés avec les sujets humains sont remarquables, à l'exception de la localisation temporelle des attaques.
Pauvreté lexicale : le facteur invisible de violence L'analyse des mécanismes sous-jacents révèle que cette restriction du vocabulaire constitue un facteur de risque direct de passage à l'acte physique...
Sources :
- https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC1334079/
- https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/1098-2337%281977%293%3A1%3C57%3A%3AAID-AB2480030106%3E3.0.CO%3B2-D
- https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/0031938471902095
- https://link.springer.com/article/10.1007/BF03394252
- https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC1338636/
- https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/5530983/
- https://link.springer.com/article/10.3758/BF03328821