17/06/2026
L’usage d’une arme au cours d’un acte violent alourdit les préjudices corporels et psychologiques chez la victime, tout en exposant l’auteur à des réponses pénales plus
sévères.
Au Royaume-Uni, environ 24 % des crimes violents impliquent une arme, et ce taux atteint 25 % aux États-Unis.
L’examen des niveaux d’agressivité, des attitudes face au risque, de l’actualisation temporelle et des antécédents antisociaux permet de distinguer ce groupe des autres délinquants violents ou
non violents.
L’analyse révèle que les auteurs d’infractions armées démontrent :
En revanche, leur rapport au temps ne diffère pas de celui des autres délinquants, tandis que leur attrait pour le risque les distingue nettement des violents non armés.
> Ces éléments dessinent un profil de risque spécifique, qui pourrait s’avérer utile pour orienter les stratégies de lutte contre la violence armée.
L’évaluation de l’agressivité par l’Aggression Questionnaire (Buss & Perry, 1992) révèle des écarts notables entre groupes.
Cet outil mesure l’agressivité globale et ses quatre composantes :
Les auteurs d’infractions armées obtiennent un score global supérieur à celui des violents sans arme et des non-violents.
Cette différence se retrouve dans les sous-échelles, avec des écarts particulièrement marqués pour l’agressivité physique et l’hostilité.
Les données montrent que les auteurs d’infractions armées enregistrent des scores plus élevés que les violents sans arme pour l’agressivité physique et l’hostilité.
En revanche, pour la colère, ils se distinguent uniquement des délinquants non violents.
Concernant l’agressivité verbale, le même constat s’applique :
Ces résultats indiquent que le recours à une arme dans un passage à l’acte violent ne traduit pas une colère supérieure à celle des autres auteurs de violences, mais bien une propension plus
forte à l’agressivité physique et à l’hostilité.
> Cette combinaison (capacité de nuisance accrue par l’arme + tendance à l’agressivité) constitue un facteur de gravité qu’il convient d’intégrer dans l’évaluation du profil de risque.
Les antécédents antisociaux apparaissent comme un marqueur distinctif des auteurs d’infractions armées.
L’âge moyen de la première condamnation est plus bas dans ce groupe que chez les violents sans arme et les non-violents.
Ces indicateurs s’inscrivent dans la trajectoire des délinquants persistants, dont les comportements problématiques précoces (absentéisme, premières infractions jeunes) prédisent une carrière
délinquante plus longue et plus grave.
> L’analyse confirme que ces marqueurs ne sont pas simplement associés à la violence en général, mais bien à une forme particulière de violence, celle qui implique une arme.
Parmi les participants ayant déclaré avoir porté une arme, les couteaux sont les plus fréquents, suivis des armes à feu et des objets contondants.
Les motifs invoqués incluent :
Ces justifications, bien que sujettes à des biais de désirabilité sociale, indiquent que le port d’arme prohibé répond à une logique perçue comme protectrice.
L’existence d’antécédents antisociaux précoces peut accroître la probabilité d’adopter ce type de comportement :
La décision de porter ou d’utiliser une arme relève d’un choix rationnel, au sens où elle résulte d’une comparaison entre :
Les études de validation indiquent que les tâches de choix monétaires hypothétiques, même sans enjeux réels, prédisent des comportements risqués dans la vie quotidienne, comme les investissements financiers.
Les résultats ne montrent aucune différence notable entre les groupes pour l’actualisation temporelle.
Contrairement à l’hypothèse initiale, les utilisateurs d’armes ne sont pas plus orientés vers le présent que les autres délinquants.
> Cette nuance est importante pour la conception des mesures dissuasives.
L’agressivité et la prise de risque interagissent dans le processus décisionnel.
Bien que l’étude ne trouve pas de différence de colère entre les groupes violents, la tendance observée suggère qu’un échantillon plus large pourrait faire apparaître un tel effet.
La peur joue également un rôle :
> Ce sentiment, à l’instar de la colère, peut restreindre l’attention aux conséquences négatives de l’usage effectif de l’arme, alimentant un cycle de violence armée.
Les auteurs d’infractions armées se caractérisent par une moindre sensibilité aux probabilités subjectives de détection et de sanction.
La perception biaisée des risques ne signifie pas une ignorance totale des conséquences, mais plutôt une pondération défavorable aux risques différés, au profit des avantages perçus comme
immédiats (protection, domination).
> Ce mécanisme cognitif, renforcé par l’hostilité, contribue à expliquer pourquoi certains délinquants franchissent le seuil du port d’arme prohibé alors que d’autres, partageant des
antécédents similaires, ne le font pas.
La théorie du choix rationnel éclaire les leviers d’action possibles.
> Autrement dit, renforcer les contrôles, les patrouilles ciblées et les dispositifs de signalement dans les zones à risque peut s’avérer plus efficace qu’une
augmentation des durées d’incarcération.
Cette approche est cohérente avec les travaux de Nagin et Pogarsky, qui montrent que la certitude de la sanction pèse davantage que sa sévérité dans la dissuasion des comportements délictueux.
Les conclusions reposent sur un échantillon restreint et sur des données déclaratives, ce qui limite la généralisation des résultats.
La classification des participants selon leurs antécédents judiciaires et leurs déclarations peut comporter des erreurs de mesure (infractions non détectées, omissions).
Des recherches futures, avec des échantillons plus larges et dans des contextes géo-culturels variés, sont nécessaires pour confirmer ces tendances.
La disponibilité et l’acceptabilité sociale des armes variant selon les régions, une approche comparative permettrait d’affiner la compréhension des facteurs contextuels.
Les armes qui causent le plus de traumatismes graves En Australie, contrairement aux idées reçues européenne, les traumatismes graves par pénétration avec des armes restent un phénomène peu fréquent.
Sources :
- https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0165178109001899
- https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/1468-0475.00036
- https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-1-349-62853-7_2
- https://link.springer.com/article/10.1023/A:1007850605129
- https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/j.1745-9125.1995.tb01173.x
- https://psycnet.apa.org/record/2003-00756-002
- https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0167487003000059