02/06/2026
L’analyse des lésions par arme blanche ne se limite pas à un constat médical :
La relation change les blessures au couteau, la configuration des plaies et devient un marqueur du lien unissant la
victime à l’auteur.
Cette recherche, fondée sur 141 autopsies réalisées à Hong Kong entre 1995 et 2005, démontre que les atteintes à la tête, au visage et au cou sont plus nombreuses et plus graves
lorsque la relation est proche (partenaire intime ou connaissance) que face à un étranger.
L’étude relève des écarts importants dans le décompte des lésions selon les régions du corps.
> Le nombre moyen de blessures au visage est le plus élevé parmi toutes les zones.
Les comparaisons deux à deux indiquent que, pour la tête, l’écart est marqué entre partenaires intimes et étrangers ainsi qu’entre connaissances et étrangers.
> Par ailleurs, 77,2 % des cas présentent plus de 10 blessures, tandis que les morts par une seule plaie sont rares (1,4 %).

La gravité des lésions, évaluée par l’échelle AIS 2005, varie également en fonction de la relation.
La gravité maximale sur l’ensemble du corps (MAIS) ne diffère pas selon la relation :
Le nombre élevé de plaies (plus de 10 dans une large majorité) est associé à une mise à mort délibérée, exprimant une rage dirigée vers la victime.
Cinq types de lésions sont distingués (abrasion, ecchymose, coupure, lacération, piqûre).
Les coupures au cou étant très fréquentes chez les partenaires intimes.
Les blessures à l’aine demeurent exceptionnelles. Elles surviennent uniquement chez des victimes tuées par un partenaire intime ou un étranger, sans lien avec un crime sexuel.
L’état vestimentaire sur les lieux diffère aussi :

Sur les 141 cas, 60 % des victimes sont des hommes.
À l’inverse, les hommes prédominent chez les connaissances et les étrangers.
> Ce déséquilibre reflète la vulnérabilité féminine dans la violence domestique.
Les partenaires intimes reçoivent le nombre le plus élevé de blessures, avec une gravité accrue sur la tête, la face et le cou.
Ainsi, la présence de plaies à la tête, au visage ou au cou constitue un indicateur d’une relation étroite entre la victime et l’auteur.
Cette observation rejoint les travaux antérieurs sur les agressions sexuelles.
> Le thorax et le cou restent les sites les plus fréquemment touchés dans les homicides par arme tranchante, tandis que le dos est souvent atteint dans les cas à blessures multiples.
Les homicides à caractère sexuel ou en série sont exceptionnels dans l’échantillon (97 % des cas sans motif sexuel).
Cette recherche est la première à exploiter les comptes rendus d’autopsie pour examiner les homicides à Hong Kong.
Elle confirme que quand la relation change les blessures au couteau, la topographie lésionnelle se modifie en profondeur :
L’effectif réduit de cas avec lésions à l’aine nécessiterait des travaux supplémentaires.
Ces résultats éclairent sur la dynamique relationnelle sous-jacente aux homicides par arme blanche.
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Sources :
- https://www.researchgate.net/publication/248966524_Exploring_victim-offender_relationships_in_homicide_The_role_of_individual_and_event_characteristics
- https://www.researchgate.net/publication/8686582_Homicide_VictimOffender_Relationship_in_Florida_Medical_Examiner_District_8
- https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0379073898000255
- https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20598818/
- https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1353113199901724
- https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/002580248702700308?url_ver=Z39.88-2003&rfr_id=ori:rid:crossref.org&rfr_dat=cr_pub%20%200pubmed