18/01/2026
La compréhension du taux de criminalité au couteau au Canada représente un enjeu criminologique et sociologique malheureusement négligé par les statistiques officielles.
> Cette lacune structurelle explique pourquoi le Canada est incapable de publier des chiffres précis sur la criminalité au couteau au
niveau national.
Les données fragmentaires disponibles suggèrent que le taux de criminalité au couteau varie entre 15 et 25 % des homicides selon les juridictions, estimations
qui proviennent d'analyses rétrospectives plutôt que de publications officielles de statistique canadienne.
Entre 2010 et 2023, le Canada enregistre un taux d’homicide global volatil :
La tendance générale montre une décroissance modérée de l’ordre de 5 à 10 %, mais avec des fluctuations importantes liées notamment au COVID‑19 et à la crise des opioïdes.
Dans cette structure, les armes à feu représentent environ 30 à 35 % des homicides, proportion bien documentée car elles disposent de catégories statistiques explicites.
À Toronto, 956 homicides ont été enregistrés entre 2010 et 2023, dont 590 (62 %) impliquant fusillades et poignardages combinés.
Aucun rapport « Juristat de Statistique Canada » ne publie à ce jour un pourcentage national officiel d’homicides spécifiquement attribués aux armes blanches.
Les bureaux de coroner provinciaux détiennent les données détaillées sur chaque homicide (type exact d’arme, contexte, profil des victimes et agresseurs), mais n’en publient que des résumés agrégés.
Les estimations les plus robustes montrent que les homicides par armes blanches représentent environ 22 à 25 % des homicides à Toronto et entre 18 et 22 % des homicides violents en Colombie‑Britannique sur la période récente.
Le Canada utilise depuis 1998 le système « Incident-based Uniform Crime Reporting » (UCR) géré par Statistique Canada.
La découverte critique :
La classification officielle agrège couteaux, haches, barres de fer et objets contondants dans une catégorie générique, générant trois problèmes opérationnels :
Depuis les années 1990, l'attention politique canadienne s'est concentrée sur les armes à feu suite aux incidents de masse (Montréal 1989).
la Loi sur les armes à feu (1995, 2020) mandate une collecte de données spécifique :
> Les ressources de recherche fédérales demeurent concentrées sur les armes à feu (Agence de santé publique, Justice Canada) car les ressources analytiques allouées aux armes à feu surpassent celles des armes blanches par un rapport de 15 pour 1 dans les publications.
La crise des opioïdes constitue le facteur d'aggravation principal :
> En Ontario, les décès d'homicide ont fluctué de +8 % (2020) à -12 % (2021) comparé aux années pré-COVID, soulignant l'impact des circonstances exogènes.
Le taux de criminalité au couteau au Canada demeure statistiquement invisible dans les publications officielles malgré son importance réelle.
Cette invisibilité résulte de limitations structurelles :
Nigeria : taux d'homicide au couteau Au Nigeria le taux d'homicide au couteau varie de 1,2 à 1,5 pour 100 000 habitants en moyenne nationale, avec des disparités régionales...
Allemagne : aucune augmentation des agressions au couteau En Allemagne, aucune augmentation des agressions au couteau n'est observable dans les données cliniques réelles, malgré une apparente augmentation...
Sources :
- https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/00223433241262912
- https://arxiv.org/html/2407.21163v1
- https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9177199/
- https://journals.sagepub.com/doi/10.3233/SJI-140830
- https://link.springer.com/journal/40163
- https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6954032/
- https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9897543/