31/01/2026
L'Argentine se confronte à une crise de criminalité violente urbaine depuis plusieurs décennies.
Les données sur les délits commis avec des armes blanches restent difficilement calculables dans les statistiques gouvernementales, mais le contexte criminologique permet d'évaluer la prédominance du couteau dans la délinquance.
Buenos Aires et ses périphéries enregistrent les plus hauts degrés de violence par homicide.
Les armes à feu dominent les homicides (60–70%), tandis que les armes blanches représentent une proportion moins importante, mais restent présentes dans :
Interpréter le taux de criminalité au couteau en Argentine nécessite une analyse des facteurs structurels, comme :
L'Argentine enregistre un niveau d'homicides moyen de 5 à 6 pour 100 000 habitants à l'échelle nationale, mais cette moyenne masque des écarts territoriaux considérables.
La variation régionale demeure prononcée selon les provinces, révélant des schémas de délinquance distincts entre les zones urbaines denses et les régions périphériques.
Les personnes, particulièrement ceux âgés de 15 à 39 ans, constituent le groupe démographique le plus affecté par la violence homicide.
Depuis la crise socio-économique de 2001, l'Argentine a connu une augmentation de la violence urbaine, créant un continuum de menaces aux niveaux municipal et provincial.
La délinquance violente en Argentine s'organise selon quatre catégories distinctes :
Ces catégories se superposent souvent, créant des environnements à haut risque dans les zones urbaines informelles.
Les recherches en criminologie établissent des corrélations robustes entre inégalité des revenus et les taux d'homicides en Amérique latine.
La désaffiliation sociale, l’affaiblissement des liens communautaires et des structures de solidarité amplifie ces risques de violence.
> Ces mécanismes opèrent conjointement, renforçant les cycles de délinquance dans les quartiers précaires.
Les armes à feu représentent 60 à 70 % des homicides en Argentine, établissant un rôle prépondérant dans les homicides volontaires.
Ce rapport entre prédominance des armes à feu et létalité constitue un élément clé du profil criminel argentin.
Le Ministère de la Sécurité argentin ne décompose pas systématiquement les délits par type d'arme blanche dans ses publications officielles, ce qui rend le niveau de criminalité au couteau incalculable.
Les armes blanches représentent une proportion moindre des homicides comparée aux armes à feu, mais interviennent notablement dans les règlements de comptes, les conflits familiaux, et les féminicides.
> L'estimation académique situe les armes blanches entre 15 et 25 % de la criminalité par homicide, avec des concentrations particulières dans les violences
de proximité.
Cette fourchette reflète les lacunes des statistiques publiques, qui ne classent pas systématiquement par arme.

Les « villas miseria » (bidons villes) de Buenos Aires concentrent les densités les plus élevées de criminalité par homicide.
> Ces espaces forment des foyers de délinquance où les armes blanches s'insèrent dans des écosystèmes de violence multifactorielle.
La théorie criminologique de Castel (2004) décrit le phénomène du « retour des classes dangereuses » appliqué au contexte argentin.
> Les politiques dites de « prévention sociale » se sont progressivement réorientées vers l'individualisation des responsabilités plutôt que vers une transformation des conditions de vie.
Le modèle SALURBAL (Salud Urbana en América Latina / Urban Health in Latin America) démontre que l'inégalité des revenus au niveau municipal constitue un facteur prédictif majeur des taux d'homicides.
La densité de population entretient une relation positive avec la criminalité concentrée, générant des zones de très haute violence dans les métropoles fragmentées socialement.
Ces facteurs structurels affectent particulièrement les femmes en contextes de violences conjugales et féminicides.
Les femmes victimes de violence conjugales enregistrent des risques accrus de victimisation fatale en présence d'armes.
Cette dimension de la violence aux armes blanches demeure insuffisamment quantifiée dans les bases de données publiques, constituant une lacune importante pour l'analyse du taux de criminalité au couteau.
Le Ministère de la Sécurité argentin ne publie pas systématiquement les statistiques d'homicides désagrégées par type d'arme (couteau versus arme à feu).
Le sous-enregistrement frappe particulièrement les délits mineurs non documentés, les violences dans l'économie informelle, et les situations où le signalement ne franchit pas les filières
administratives
> Les variations de qualité de rapport selon les juridictions provinciales introduisent des biais systématiques.
Les catégories officielles de classification (vol à main armée, agression, agression grave) ne distinguent pas le type d'arme employée, ce qui rend l'extraction de données relatives aux couteaux
particulièrement ardue.
La Dirección Nacional de Política Criminal et le Ministerio de Seguridad produisent des rapports statistiques nationaux et provinciaux, mais avec un degré de précision limité.
L'INDEC (Institut National de Statistiques) compile les crimes comptabilisés à partir des données administratives provinciales.
La recherche académique, notamment via le CONICET et les universités argentines, propose des études qualitatives et des analyses localisées, mais demeure fragmentée et d'accès inégal.
L'Argentine affiche un profil de criminalité violente urbaine caractérisé par l'inégalité socio-économique structurelle comme moteur principal, une géographie concentrée de la délinquance dans les zones urbaines denses, et une hétérogénéité selon les contextes provinciaux.
Les limitations méthodologiques des données publiques demeurent le principal obstacle à une quantification précise de cette criminalité aux armes blanches.
L'accès aux données administratives détaillées du Ministère de la Sécurité argentin constituerait la base empirique nécessaire pour une compréhension approfondie de ce phénomène, données qui ne
sont pas régulièrement publiées dans les formats corrects.
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Sources :
- https://nbpublish.com/library_read_article.php?id=75122
- https://nbpublish.com/library_read_article.php?id=74757
- https://nbpublish.com/library_read_article.php?id=76400
- https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/14773708221103799
- https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/0032258X20980503
- https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/00223433241262912