18/07/2026
Historiquement, le transport d'une arme chez les adolescents est un comportement relativement fréquent.
Lors de l’étude menée en Suisse auprès de 7548 adolescents âgés de 16 à 20 ans, une proportion importante de porteurs d'armes l'ont utilisée dans un affrontement.
Cette distinction n'est pas anecdotique, elle conditionne la pertinence des actions de prévention.
L'analyse des données suisses permet d'identifier des marqueurs distincts entre ces deux populations, et d'esquisser des pistes d'intervention ciblées sur les mécanismes du passage à l'acte.
Le port d'arme chez les adolescents constitue une problématique de santé publique préoccupante et un signe que notre société est malade.
À titre de comparaison, les enquêtes internationales, comme le Health Behavior in School-Aged Children survey, rapportent des prévalences de port d'arme dans les 30 jours
précédant l'enquête variant de 10 à 22 % chez les garçons et de 2 à 5 % chez les filles dans cinq pays européens, aux
États-Unis et en Israël.
> En Suisse, 1 adolescent de sexe masculin sur 5 transporte une arme, contre 1 jeune fille sur 16.
La nature des armes transportées diffère selon le genre.
La législation suisse interdit l'achat, le commerce et la possession de couteaux à cran d'arrêt et de poings américains, tandis que les sprays (catégorie 3) sont librement accessibles aux
personnes de 18 ans et plus.
Preuve de l’inefficacité de ces restrictions, une fraction non négligeable de jeunes âgés de moins de 18 ans transporte des armes, avec 10,6 % des adolescents de
15 ans déclarant en avoir apporté à l'école.
Les travaux disponibles identifient des motivations diverses au port d'arme.
Pour les filles comme pour les garçons, les comportements délinquants et le fait d'être victime de violences physiques sont associés au port d'arme.
Chez les garçons, s'ajoutent des facteurs comme le fait :
La victimisation physique apparaît comme un facteur commun aux deux genres.
Deux hypothèses explicatives sont avancées :
Une étude prospective menée aux États-Unis a montré un lien réciproque entre l'exposition à la violence et le recours à la violence armée, soutenant ces deux interprétations.
> Chez les garçons, le fait d'avoir un tatouage est associé au port d'arme, ce qui rejoint des travaux antérieurs liant les modifications corporelles aux violences interpersonnelles et à la
consommation de substances.
La qualité de la relation parent-adolescent constitue un indicateur notable.
La structure familiale et le niveau d'éducation des parents n'ont pas montré d'association dans l'analyse multivariée.
> Les outils de mesure utilisés dans l'enquête incluent des échelles évaluant la perception qu'ont les adolescents de l'acceptation, de la compréhension, de la confiance et de la sensibilité
de leurs parents à leur état émotionnel, ainsi que leur propension à utiliser leurs parents comme confidents.
Les garçons apprentis transportent une arme plus fréquemment que les élèves scolarisés à plein temps.
Le sentiment d'appartenance scolaire faible est associé au port d'arme chez les garçons, tandis que l'absentéisme et les mauvais résultats scolaires n'ont pas montré de liaison dans l'analyse multivariée.
Parmi les jeunes porteurs d'arme, une proportion non négligeable l'a utilisée dans une bagarre :
Les utilisateurs masculins se distinguent des porteurs non utilisateurs par plusieurs caractéristiques :
> Chez les filles utilisatrices, la seule variable restant associée est le tabagisme quotidien.
L'association entre l'usage d'arme et d'autres comportements à risque indique un effet de regroupement de conduites délétères chez les jeunes les plus vulnérables.
Des approches de prévention adaptées culturellement apparaissent indispensables pour réduire la violence dans ce groupe spécifique.
Le port d'arme devrait faire partie de l'évaluation clinique et du conseil préventif auprès des adolescents.
> La présence d'un tatouage ou l'origine étrangère peuvent servir de points de départ pour aborder ces questions avec les jeunes, sans pour autant les stigmatiser.
Cette recherche présente plusieurs limites.
> Malgré ces limites, cette étude offre un premier éclairage sur les différences entre adolescents porteurs et utilisateurs d'arme.
Lesotho : les armes les plus courantes dans les agressions L'analyse des données révèle que plus de 55 % des blessures et des décès infligés par des agresseurs masculins résultent de coups portés avec des bâtons traditionnels...
Sources :
- https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18469321/
- https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15288749/
- https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17447352/
- https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/bsl.2370110405
- https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/1054139X9500030V
- https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0886260502017001002