Agression au couteau en France : une première approche statistique

Statistiques attaques couteau en France ?

Pour diverses raisons les statistiques d’attaques au couteau en France sont très mal comptabilisé et étudié. Pourtant les médias dominant laisse ces derniers temps planer de plus en plus des titres alarmistes comme : « La France est elle en train de devenir un pays où l’on sort les couteaux au moindre différend ? » , « 120 agressions à l’arme blanche ont lieu chaque jour en France ! » , « les autorités s’inquiètent de la radicalisation des comportements », ou « recrudescence d'attaques à l'arme blanche en France ». Est ce vraiment réaliste et peut ont vraiment s’appuyer sur ce genre d’information ? Cette fameuse statistique de : 120 agressions par jour à l’arme blanche (sous-entendue un couteau), est extraite de rapports d’enquête de victimation 2017 et 2019 et de perceptions de la sécurité de l’ ONDRP, I’INHESJ, INTERSTATS et l’INSEE. (1)

1 - Il s’agit d’enquête de victimation et de perceptions de la sécurité. « L’enquête est réalisée dans le cadre d’un entretien en face-à-face auprès d’un échantillon représentatif d’environ 15 000 ménages répondants » (1) (40 000 à 50 000 au Royaume-Uni et jusqu’à 95 000 aux États-Unis) (13). « Ces ménages sont dits « ordinaires » au sens des enquêtes de l’INSEE. Ce qualificatif signifie qu’ils sont composés de personnes qui partagent le même logement, que ces personnes aient des liens de parenté ou non, et qui ont un budget commun. Sont ainsi exclues de l’enquête les personnes vivant en résidence ou en habitation mobile, placées en institution, ainsi que les personnes sans domicile fixe. Enfin, les personnes âgées de moins de 14 ans sont également exclues du champ. » (à partir de 12 ans aux États-Unis) (13, 16).

En quoi consiste ce type d’enquête ? L'enquête de victimation et de perceptions de la sécurité à pour objectif d’interroger des gens, échantillonnés de façon à représenter la population d'un pays, d'une région, d'une ville, sur les infractions dont ils ont été victimes, directement ou indirectement (« se  faisant ainsi le relai d’événements qu’elles n’ont pas nécessairement vécu personnellement, mais qui concerne toutefois leur ménage »). Il s’agit d’une enquête. De très bonne qualité, à grande échelle et avec de gros moyens. Mais cela reste un sondage (Changement de méthode en 1999 pour des raisons de coûts) (21), d’une population représentative.  

2 – L’ONDRP, l’INHESJ, INTERSTATS (SSMI) et l’INSEE (Créé en avril 1946. C'est une direction générale du ministère de l’Économie et des Finances. Son indépendance professionnelle est inscrite dans le droit.), qui travaillent en commun avec rigueur et déontologie, l’écrivent en toute lettre : « Les nombres et les taux extraits de l’enquête sont des estimations, et fournissent ainsi des ordres de grandeur qui ne doivent aucunement être considérés comme des données exactes. (1) » Dans le cadre des vols (ou tentative de vol) avec présence d'une arme blanche au moment des faits : « les victimes sont comptées sur l'arme la plus dangereuse qui a été utilisée » (page 93- CSV-SSMI 2017) (1). De surcroît, « Du fait de la taille de l'échantillon de l'enquête, la précision d'une estimation annuelle est de +/- 50 000 victimes ».

3 - Le Code de la Sécurité Intérieur Article R311-2 défini ainsi les armes blanches : « Au regard de la réglementation française, l'expression « arme blanche » désigne toute arme dont l'action perforante, tranchante ou brisante n'est due qu'à la force humaine ou à un mécanisme auquel elle a été transmise, à l'exclusion d'une explosion. Exemples d'armes blanches : les couteaux, les matraques, ... » (2) « et ceci qu'elle soit constituée de bois, de pierre, d'os, d’arête, de métal ou de matériaux composites » (3). Les matraques ? Que viennent faire les matraques et autres objets de cette nature dans un article de presse d’un média dominant qui est censé traiter le sujet des statistiques sur les attaques au couteau ? Dans l'enquête statistique du SSMI de 2017 sont englobés les couteaux dans les armes blanches et les armes par destination: « c'est-à-dire des objets utilisés comme armes. » Premier biais médiatique dans l’interprétation du rapport ou recherche de sensationnalisme ? Le titre et la manière de traiter ce sujet de société très important, qui de plus a toujours exister dans des proportions stables, est tout du moins extrêmement étrange.

4- Comment faire parler les chiffres. Dans le cadre des violences physiques (hors ménage et hors vol ou tentative de vol), les résultats de 2014 à 2017 ont été regroupés. Il est également possible et très facile d'appréhender les résultats sous un angle différent. Cela dépend simplement du message que l'on veut faire passer. Résultat : 77 % des violences subies sur les individus de 14 ans ou plus, dans cette période, ont été commises sans armes ! (page 113-SSMI 2017) (1)

5- Utilisation de témoignage (dans une démarche scientifique, un témoignage n'est pas une preuve.) et de l’argument d’autorité (20) (« les Maires eux-mêmes... » , « les criminologues ont pu évaluer que des armes blanches avaient été utilisées... »), afin de tenter d’orienter le lecteur et de donner crédit à ses présupposés arguments. 

6 - Il semblerait donc, que le terme « arme blanche » dans le titre de l’article écrit par le journaliste (19) du Figaro a pour unique objectif de respecter la terminologie précité dans les enquêtes. Le reste n’est :
- la démonstration flagrante d’une ignorance complète de ce type de phénomène sociologiques ;
- qu’un simple jeu de calculatrice biaisé pour faire dire aux statistiques, les pourcentages souhaités dans l’article ;
- qu’une tentative de lier le phénomène des agressions au couteau qui se déroule actuellement au Royaume-Uni avec la France. Il est très facile de s’abriter derrière des astuces journalistiques, qui consiste à prétendre poser que des questions (« Vers une dérive à l’Anglo-saxonne » ?) sur un sujet ou un phénomène, qui semble identique. Mais qui en réalité n’a rien à voir.
- Jonglé de façon sémantique avec des faits statistiques, de type : « Mais sur le long terme depuis 2001, année critique sur le plan de la délinquance en France, les vols avec armes blanches ont été divisés par trois... » (1). Qui est un résultat démontré dans le temps et qui va à l’encontre de ce qui semble vouloir être démontré dans le titre. Et de lier cela à une interprétation purement personnelle sans preuve ni fondement : « il faut chercher ailleurs cette frénésie d’affaire... ».
Pour clore cette impéritie à traiter ce sujet : « La lutte contre ce phénomène mérite, à tout le moins, un véritable plan d'action » (1). Un plan d’action ? Un plan d’action afin d’interdire le couteau à pain et tout objet tranchant ou contondant de la surface du territoire français, par exemple ? Triste méconnaissance des enjeux et des problématiques.

Avantages et désavantages des enquêtes de victimation

Avantages :

- les enquêtes auprès des victimes peuvent fournir des données qualitatives détaillées et informatives. Cela est utile, car cela donne au collecteur de données de nombreuses informations spécifique utiles pour analyser dans le temps ;
- rapides et faciles à mener ;
- elles peuvent permettre de révéler des crimes non signalés ;
- les enquêtes auprès des victimes sont menées de manière anonyme. Cela réduit les chances de désirabilité sociale et peu augmenter la franchise. Car personne ne sait jamais à quel questionnaire, il a répondu ;
- la méthode confidentielle d'enquête est flexible et peut atteindre une large proportion de personnes. Les entretiens menés peuvent avoir lieu à domicile. Cela peut motiver les gens à parler ouvertement de leurs expériences et de leurs préoccupations. Cela peut également conduire à la discussion de sujets de nature délicate, qu'ils n'ont pas forcément voulu signaler. Dû à la honte, à l'embarras, à la peur des répercussions ou au fait de ne pas être cru ou pris au sérieux par les services de police.

Désavantages :

- l'efficacité est discutable, car les résultats recueillis reposent sur l'honnêteté et la perspicacité personnelle d'une personne quant à la façon dont elle a été affectée. Ce qui peut fournir des réponses exagérées, biaisés ou de fausses informations ;
- elles reposent entièrement sur la mémoire des victimes ;
- au vu de la manière dont les données qualitatives sont fournies, il faut plus de temps pour analyser tous les questionnaires individuellement, que des données simples. Ce qui prend donc beaucoup de temps.
- au vu, du fait qu’il s'agit d'un questionnaire, si le participant ne comprend pas une question, il peut transmettre des données non-pertinentes ;
- les enquêtes auprès des victimes sont coûteuses, car il faut en distribuer un grand nombre afin d’obtenir la cohorte suffisante. Ce qui entraîne des coûts d'impression et des ressources élevés ;
- elle n'inclut pas tous les crimes enregistrés par les forces de l’ordre. (meurtre lorsque la victime est décédée et les crimes sans victime, possession de drogues...)
- les victimes peuvent oublier des crimes/délits insignifiants ou mentir d'avoir signalé un crime/délit aux forces de l’ordre. Par conséquent, les conclusions ne seront pas valides ;
- il s'agit d'une enquête auprès des ménages et ne questionne pas les sans-abris, les personnes vivant dans des établissements communaux, placées en institution tels que les prisons ou les maisons de soins… Ce qui biaise indubitablement les résultats (16) ;
- depuis les débuts, les pays précurseurs dans l'utilisation de ce type d'enquêtes ont évoqué des controverses méthodologiques qui mettent en évidence de grande différence de résultats et des problèmes non résolus concernant la collecte de données sur la criminalité ;
- les enquêtes de victimation sont utilisées comme technique alternative de mesure de la criminalité et pas une fin en soi. Ces types d'enquêtes s'inspirent de la plupart des théories criminologiques et sont considérés comme une source de données, en particulier pour l'élaboration des politiques criminelles dans les pays anglo-saxons. Même si elles se sont développées au fil du temps, ces enquêtes présentent des limites scientifiques qui créent un obstacle à la mesure la plus réel possible de la criminalité.

Cela met en évidence l'une des principales lacunes de cette forme de collecte de données, car elle conduit à des divergences lors de l'analyse des résultats. En particulier lors de la comparaison entre les statistiques plus détaillées de l’ONDRP, d’INTERSTATS (SSMI) et les enquêtes de victimisation et de perceptions de la sécurité de I’INHESJ. Les enquêtes de victimisation sont un très bon éclairage, mais ne fournissent pas une vision exacte de la société. En effet, les enquêtes de ce formulaire supposent que les personnes interrogées peuvent fournir et fourniront une version fiable des événements. Une source d'information efficace ne peut pas uniquement reposer sur l'intégrité et la représentation factuelle de ceux qu'elle interroge (13). De plus : « La collecte de données et l'enregistrement des statistiques sous forme uniquement d’enquête de victimation sont affectés par les réglementations mises en œuvre par l'organe directeur actuel et la gouvernance. Les résultats découverts pourraient indiquer une augmentation des délits. Cela pourrait avoir un impact négatif sur la société. En conséquence, les résultats publiés pourraient devenir biaisés et utilisés comme propagande pour induire les gens en erreur en leur faisant croire que les taux de criminalité sont plus favorables que factuels. Dans certaines situations, le volume de la criminalité pourrait être enregistré à tort pour atteindre les objectifs de performance et administratifs. » (Chambliss, 2001) (14). Ceci semble être en contradiction directe avec la prestation d'un bon service rendu à une société de citoyen. Encore une fois, en toute transparence ces organismes tiennent informé tous citoyens, pour peu qu’il prenne le temps de se renseigner, de la potentialité des avantages et des inconvénients, de ce type d’enquête (18).

Agression au couteau en France : une première approche statistique

Même si un certain nombre de paramètres sur les agressions au couteau en France sont donc connus et documentés (âges, lieu, fonction sociale, localisation des blessures...), notamment grâce à :
- l’INHESJ (Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice) ;
- l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques) ;
- SSMSI (Service statistique ministériel de la sécurité intérieure) ;
- l’ ONDRP (Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales)
- l’UNODC (Office des Nations unies contre la drogue et le crime) ;
- EUROSTAT (chargée de l'information statistique à l'échelle européenne).
Même si en France, les premiers travaux de mesure de la délinquance ont été entamés en 1796 par le conseiller d’État Jean-Baptiste de Montyon (4). L’utilisation de ces données, qui pourrait être une source incommensurable de savoir et de savoir faire, semble culturellement ne pas vraiment avoir d’autres objectifs que d’être utilisé à des fins politiques, d’informations et de prévention. Utiliser ces connaissances à but scientifique et pédagogique afin de former des citoyens n’est pas encore à l’ordre du jour.

J’ai donc tenté de commettre une première approche indépendante de ce phénomène, basé uniquement sur un relevé de faits et pas sur une accumulation de témoignage. Sur plus de 3 ans et demi (1362 jours), entre le 25/07/2016 et le 31/12/2019, j’ai recensé, analysé et recoupé 1711 agressions au couteau en France par voie de presse. Le tout basé sur 15 critères :
- lieu de l’agression (habitation, lieu public, lieu de travail) ;
- âge de l’agresseur et de l’agressé ;
- sexe de l'agresseur et de l'agressé ;
- horaire ;
- le jour de la semaine ;
- la fonction social de l'agresseur et de l'agressé ;
- le motif de l'agression ;
- la nationalité de l’agresseur et de l’agressé ;
- le type de couteau
- le nombre de coups ;
- les zones touchées ;
- reconnu comme légitime défense ;
- la présence d’alcool ;
- l’utilisation comme menace ;
- les décès.
Je commence ici le déroulé de cette recherche, qui sera présentée en segment lors de différents articles sur ce site.
    
L'unique objectif de cette première approche statistique sur les agressions au couteau en France est la sensibilisation. Cette approche est apolitique, apartisane, pour l’intérêt général et le bien commun. Toutes autres interprétations, tentatives de récupération et d’interprétation à des fins idéologiques ou financières, s'éloignent de l'objectif. Cette recherche n’a pas de vocation morale, ni pour objectif de convaincre. Elle est amorale, sans jugement et ne fait que transmettre des informations (5). Conflit d'intérêt : la présente recherche et son auteur n’ont aucune relation financière avec une personne ou une quelconque organisation extérieur au projet. Aucun financement n'a été reçu pour mener cette recherche.

Cette approche sur les agressions au couteau en France ne doit pas à être considéré comme une étude. Car son protocole ne respecte pas l’intégralité des principes scientifiques prescrits. Les sources utilisées sont issues d’une cohorte de 1711 articles de presse. Articles de presse, sources secondaires (6), qui correspondent à 1711 agressions au couteau et/ou armes blanches sur le territoire français. Le terme agression se définit dans cette approche par une menace ou une atteinte physique avec un couteau et/ou une arme blanche tranchantes ou contondantes, de quelques natures qu’elle soit. Ces articles de presse n’ont pas regroupé systématiquement l’intégralité des informations nécessaires pour cette recherche. À partir de 3 critères manquants sur 15 et sans sources extérieures complémentaires, les articles n’ont pas été pris en compte. 336 articles de presse qui correspondent à 336 agressions au couteau et/ou arme blanche tranchantes ou contondantes, n’ont pas été pris en compte. Les agressions au couteau ou à l’arme blanche recensé dans cette recherche ne peuvent donc représenter qu’une estimation basse de la réalité du phénomène.

Les médias comme sources ?

Mesurer la violence est un acte sociologique très délicat. Il conviendrait antérieurement d’essayer, au moins succinctement, d’en définir les contours, les indicateurs pertinents et les sources disponibles. Historiquement issue de données du système judiciaire, les données statistiques de la délinquance sont aujourd’hui essentiellement produite à partir de données administratives de la gendarmerie nationale et de la police, combinées à des enquêtes de victimation (7). À ce jour il y a toujours peu de sources et des difficultés à obtenir des données administratives précises, qui peuvent être exploité correctement (9).

Si tant bien que mal, la charte de Munich (8) se soit appliqué un jour, la tradition, pendant longtemps, voulait qu’un journal reste neutre, et que seule la section éditoriale, révèle les tendances politiques de celui-ci. Aujourd’hui, la politisation des médias tient plus au surcroît de concurrence et à la production d'information dématérialisé géographiquement. À l’heure actuelle, au lieu d’être uniquement généralistes ou de viser la population d’un territoire donné, les différents médias se spécialisent dans un créneau qui cible un public politiquement. Cette spécificité leur permet de se différencier de leurs concurrents en offrant un produit qui répond à une demande précise. Ce changement d’exercice journalistique se traduit par une place beaucoup plus grande qu’auparavant accordée aux textes d’opinion plutôt qu’à la retranscription brute de l’information elle-même. S’assurer de l’objectivité d’une source journalistique s’avère donc un exercice ardu, qui demande de la volonté, et qui au final, ne donne pas de réponses certaines et scientifiques. Que cela soit celui qui produit l’information ou celui qui y accède, personne ne peut ainsi se targuer d’être à l’abri des biais cognitifs. Choisir d’apporter un éclairage sur un sujet, c’est obligatoirement choisir de laisser des zones d’ombre et d’en mettre en lumière certaines autres. En s’attardant sur le travail journalistique biaisé, on néglige déjà au préalable le fait que les personnes, en elles même, sont influencés par leurs propres biais, qui déforment également leur jugement d’une façon éminemment subjective, et confèrent un tout autre sens aux informations qu’ils livrent. Les biais (d’omission, de négativité, de confirmation…), sont autant de biais qui relèvent notre propre nature, et non celle de la presse qui est censée transmettent l’information. Involontairement ou non, ces biais favorisent la propagation du phénomène de fausses nouvelles et devraient être pris en compte par le lecteur.

Malgré tous les inconvénients dus aux biais médiatiques cité, le choix d’observer les agressions au couteau par l’intermédiaire d’une source secondaire journalistique s’est effectué sur deux principes :
- les agressions au couteau sont toujours classées dans les faits-divers ;
- l’INHESJ et l’ONDRP ont déjà utilisé cette méthode de captation de données (9).

L’avantage des faits-divers

Fait-divers : « type d'événement qui n'est classable dans aucune des rubriques qui composent habituellement un média », « c’est un large éventail de petits faits étonnants, tragiques, extraordinaires ou insignifiants qui concernent plutôt les gens en tant que personnes privées, et qui n’ont apparemment pas d’effet central sur le fonctionnement de la société... » (10). Pourtant, les faits divers relatent souvent le thème de la fatalité et retranscrivent des constantes sociologiques profondes de la culture et de l’inconscient collectif humain. Trivialement, il s’agit dans le milieu journalistique, de la rubrique des « chiens écrasés » ou de la « poubelle de l'information ». Pourtant, Roland Barthes (11) démontre qu’en dépit de ses aspects extérieurs sans intérêts et souvent saugrenu, ils mettent à jour souvent des problèmes fondamentaux, permanents et universels : la vie, la haine, la mort, l’amour, donc de la nature humaine.

L’apparition des faits divers sous une forme imprimée date du XVIe siècle, mais la formulation proprement dite n’est utilisée dans le langage commun qu’au début du XIXe siècle. Ils ont la particularité d’être des événements sociétales qui sont retranscrit, en grande majorité, de manière brute. Le traitement journalistique actuel dans toute la presse française (à quelques exceptions), se borne à faire un simple relever des 15 critères utilisés dans cette approche. De surcroît, plus le fait-divers est horrible, donc « croustillant », plus les journalistes vont chercher des informations détaillées. Et pas un simple témoignage biaisé sans valeur scientifique. 

Résultats

Les résultats sont retranscrits de manière brute et sans interprétation.
Entre le 25/07/2016 et le 31/12/2019 qui correspond à une durée de 1362 jours.
- nombre total d’articles analysés : 1711
- nombre d’articles non pris en compte : 336
- nombre d’articles retenus : 1375
- nombre de décès : 195

Nombre d’agressions et de décès par jour

- nombre d’agressions au couteau et/ou arme blanche tranchante ou contondante par jour : 1,009.
- nombre de décès par jour : 0,14.

Type de couteau utilisé

Alors que cette information est primordiale pour établir des protocoles de formation, basée sur des données sérieuses. Ce critère à été avec regret, un des moins bien renseignés. Le couteau le plus utilisé est le couteau de cuisine. Couteau commun et facile d'accès, qui peu mesurer jusqu’à 20 cm de longueur.
Type de couteau :

- couteau de cuisine (78) ;
- couteau de boucher (17) ;
- couteau suisse (12) ;
- cran d’arrêt (8) ;
- couteau papillon (7) ;
- couteau de chasse (6) ;
- couteau à viande (6) ;
- opinel (6) ;
- couteau de table (5) ;
- couteau pliant (5) ;

- couteau à pain (5) ;
- couteau céramique (4) ;
- couteau Laguiole® (3),
- canif (2) ;
- couteau à huître (2) ;
- économe ;
- couteau de plongée ;
- couteau de combat ;
- couteau porte clef ;
- limonadier.


Armes blanches :

- cutter (8) ;
- hache (5) ;
- machette (4) ;
- tesson de bouteille (4) ;
- serpette (3) ;
- tournevis (3) ;
- pelle (3) ;
- paire de ciseaux (3) ;
- fourchette (2) ;
- sabre (2) ;

- katana (2) ;
- morceau de verre ;
- canne couteau,
- sécateur ;
- piquet de tente ;
- marteau ;
- pic à viande ;
- scie à charcuterie ;
- faucille ;
- coupe ceinture.


Agglomérations les plus concernés par les agressions au couteau :

- Toulouse (45) ;
- Montpellier (38) ;

- Rennes (30) ;

- Marseille (29) ;

- Grenoble (29) ;
- Paris (26) ;
- Lyon (24) ;
- Nantes (23) ;

- Nice (17) ;

- Brest (17) ;

 

- Clermont-Ferrand (15) ;

- Rouen (17) ;

- Le Havre (13) ;
- Saint-Étienne (14) ;

- Besançon (14) ;
- Bordeaux (12) ;
- Caen (12) ;
- Limoges (10) ;
- Tours (10) ;

- Lorient (9) ...


A suivre ... Agression au couteau en France

 

Discussion

Comment se fait-il qu’il puisse y avoir une telle disproportion entre ce qui est affirmer sur les agressions au couteau actuellement et les chiffres précédents ? La quantité de données et la différence d’approche. En attendant, force est de constater, que cette première approche statistique avec des sources différentes indépendante et spécifique, suggère des résultats quasi-identiques sur la majorité des critères, avec les enquêtes « Cadre de vie et sécurité » d’INTERSTATS (SSMI), de l’ONDRP et de l’INHESJ (1) de 2017 et 2019. Les enquêtes détaillées d’INTERSTATS (SSMI) n’ayant pas pour objectif prioritaire d’être spécialisé, cette première approche sur les agressions au couteau en France s’avère être même plus précises sur certains critères.

 

Conclusion

 

De ce fait, combien y a-t-il d'agression au couteau (vol, menace et agression physique) par jour en France ? Nul ne le sait. Ni L’ONDRP, ni l’INHESJ, ni INTERSTATS (SSMI), ni des personnes comme moi qui consacrent une grande partie de son temps à chercher. Et encore moins les médias dominants, qui par leur fonction ne sont là uniquement que pour relater, pas pour chercher ou interpréter. « L'insécurité est devenue une préoccupation quotidienne, y compris là ou il ne se passe rien. » (22) Même si cette recherche est indubitablement et extrêmement en deçà de la réalité. 1375 agressions sont un nombre ridicule au vu de la dure réalité des faits. Malgré tout, sans preuve, il ne sert strictement à rien de crier ou loup.


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Sources statistiques attaques couteau en France
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Sources

(1) Plus de 120 agressions à l’arme blanche ont lieu chaque jour en France
https://www.lefigaro.fr/actualite-france/plus-de-120-agressions-a-l-arme-blanche-ont-lieu-chaque-jour-en-france-20200216
- Recrudescence d'attaques à l'arme blanche en France
https://www.sudradio.fr/faits-divers/recrudescence-dattaques-a-larme-blanche-en-france/
- Article R311-2
https://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?idArticle=LEGIARTI000029655431&idSectionTA=LEGISCTA000029658689&cidTexte=LEGITEXT000025503132&dateTexte=20160101
Rapport d'enquête "cadre de vie et sécurité 2017 "
https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/L-enquete-Cadre-de-vie-et-securite-CVS/Rapport-d-enquete-Cadre-de-vie-et-securite-2017
Rapport d’enquête « Cadre de vie et sécurité » 2018
https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/L-enquete-Cadre-de-vie-et-securite-CVS/Rapport-d-enquete-Cadre-de-vie-et-securite-2018
Rapport d’enquête « Cadre de vie et sécurité » 2019
https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/L-enquete-Cadre-de-vie-et-securite-CVS/Rapport-d-enquete-Cadre-de-vie-et-securite-2019
(2) https://droit-finances.commentcamarche.com/faq/26692-arme-blanche-definition-juridique
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Arme_blanche
(5) J. Lecuir, Criminalité et « moralité » : Montyon, statisticien du Parlement de Paris, Marginalité et criminalité à l’époque moderne, Revue d’histoire moderne et contemporaine, t. XXI, juill.-sept. 1974
(6) Les sources primaires et secondaires. Sophie Ouellet https://esr.cscmonavenir.ca/files/2013/01/Sources-primaires-et-secondaires.pdf
(7) « L'enquête de victimation désigne une technique assez simple dans son principe : interroger des gens, échantillonnés de façon à représenter la population d'un pays, d'une région, d'une ville, sur les infractions dont ils ont été victimes. », directement ou indirectement.
http://www2.cnrs.fr/sites/communique/fichier/15r_zaubermanbp.pdf
(8) Charte de Munich. Déclaration des devoirs et des droits des journalistes.
https://eeas.europa.eu/archives/delegations/tunisia/documents/page_content/charte_munich1971_fr.pdf
(9) La violence et l'homicide à travers le temps et l'espace
« Nouveaux regards sur l'homicide en Europe ». Christophe Soullez, Directeur de L'Observatoire National de la délinquance et des réponses pénales du INHESJ, France
https://www.youtube.com/watch?v=Ex3IOXE57Mk&t=2s
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Fait_divers#cite_note-3
L’irrésistible attraction du fait divers. Daniel Salles
Citation à usage pédagogique collectif et non commerciale
http://expositions.bnf.fr/presse/arret/08.htm
(11) Essais critiques, Edition Seuil, 1964
https://victorianpersistence.files.wordpress.com/2012/03/barthes-structure-du-fait-divers1.pdf
http://www.seuil.com/ouvrage/essais-critiques-roland-barthes/9782020019231
(12) https://gallica.bnf.fr/html/und/presse-et-revues/faits-divers?mode=desktop
(13) Strengths and Weaknesses of Crime Statistics and Victimisation Surveys.
https://www.ukessays.com/essays/criminology/strengths-and-weaknesses-of-crime-statistics-and-victimisation-surveys-criminology-essay.php
(14) Power, Politics And Crime. William J Chambliss
Avalon Publishing, 12 janv. 2001
(15) Measuring Crime and Crime Victimization: Methodological Issues. Roger Tourangeau and Madeline E. McNeeley. https://www.nap.edu/read/10581/chapter/3
(16) Nombres personnes sans-abris en France 2017-2019 : 143 000
https://fr.statista.com/statistiques/1008917/nombre-sdf-france/
Résidents en établissements d’hébergement pour personnes âgées en 2019 : 729 821
https://www.insee.fr/fr/statistiques/3676717?sommaire=3696937
Nombre d'individus écroués dans les prisons en France en 2019 : 81 250
https://fr.statista.com/statistiques/587362/nombre-detenus-prevenus-france/
(17) Rapport d’enquête « Cadre de vie et sécurité » 2019. Page 78 du PDF. Page 152-153 du rapport.
https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/Actualites/Rapport-d-enquete-Cadre-de-vie-et-securite-2019
(18) https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/La-mesure-statistique-de-la-delinquance/La-mesure-statistique-de-la-delinquance-AJ-Penal-Dalloz
(19) Jean-Marc Leclerc
https://plus.lefigaro.fr/page/jean-marc-leclerc
Afin de tenter de prendre peut être un tant soit peu de recul par rapport au côté alarmiste du titre.  Voici les derniers titres des articles écrits pour le Figaro par ce journaliste :
- « La pression migratoire s’amplifie encore ;
- Immigration: un « collège de praticiens » milite pour une réforme en profondeur ;
- Agressions, viols, tentatives d’homicide: la délinquance a explosé en France en 2019 ;
- Paris est la proie d’une délinquance de plus en plus massive ;
- La France désarmée face à l’arrivée de réfugiés ;
- Violences : ce que vivent les victimes ;
- Asile : le seuil historique des 140.000 demandeurs se profile en 2019 ;
- Banlieues : l’escalade de la haine anti-policiers ;
- Paris s’enfonce dangereusement dans la spirale des vols et des violences ;
- Alain Bauer : « La société semble désemparée face à cette bouffée de violence » ;
- La France en proie aux pulsions homicides ;
- L’État s’inquiète des traversées de la Manche par des migrants ;
- Délinquance : plus assez d’enquêteurs pour les petites affaires ;
- Délinquance : l’inquiétante hausse des cambriolages ;
- En France, près de 500 bidonvilles à résorber ... ».
(20) Éviter les pièges de la pensée : Les biais cognitifs
http://www.toupie.org/Biais/Biais_autorite.htm

(21) Polémique sur la nouvelle méthode de recensement de l'Insee
https://www.lemonde.fr/societe/article/2012/07/31/polemique-sur-la-nouvelle-methode-de-recensement-de-l-insee_1740535_3224.html

(22) La peur Arme politique. (page 26) Robert Charvin. Investig'action

 

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