Le cerveau face à un couteau

Se défendre face à un couteau

Se défendre face à un couteau ne devrait s’appréhender par écrit uniquement comme une approche scientifique des plus rigoureuses. Et non pas en suivant des conseils « putaclic » de types : « Les erreurs à ne jamais faire face à un couteau ». Conseils inutiles et potentiellement irréalisables. Inutiles, car ils sont en totale opposition avec ce que le cerveau reptilien induira physiologiquement à la majorité des êtres humains. Irréalisable, car si le couteau est caché cela ne rentre pas en compte. La liste des incohérences susceptibles d’induire en erreur ce genre de conseils sont effroyables. Pour peu que l’on y ajoute tous les biais propre à la nature humaine (Effet Dunning-Kruger, erreur fondamentale d’attribution, effet gourou…) et ces conseils deviennent dangereux.
 
Le stress généré par la peur crée une réaction en chaîne. Quand nous subissons un événement extrêmement stressant, notre amygdale (région du cerveau qui contribue au traitement des émotions) envoie un signal de détresse à l'hypothalamus. Cette zone du cerveau fonctionne comme un centre de commande, communiquant avec le reste du corps par le système nerveux, de sorte que nous ayons l'énergie nécessaire pour se battre ou fuir. Cette réaction de combat ou de fuite est responsable des réactions physiques extérieures que nous attribuons au stress (augmentation de la fréquence cardiaque, des sens, prise d'oxygène plus importante et poussée d'adrénaline).

La dure réalité contextuelle du couteau

La réalité est têtue :

  • un couteau n'est pas une arme qui à besoin d'être rechargé ;
  • le couteau est une arme facile à se procurer ;
  • dans le cadre d’une détermination meurtrière, les victimes peuvent être poignardées plus d’une dizaine de fois en quelques secondes ;
  • la manipulation d'un couteau ne nécessite aucune compétence particulière pour causer des dégâts physiques effroyables ;
  • le couteau, par sa rapidité à peu de probabilité de manquer sa cible à courte distance ;
  • il s'agit d'une arme facile extrêmement facile à dissimuler ;
  • proportionnellement à sa taille, les débats causés peuvent être considérables ;
  • etc...

Il est au préalable extrêmement périlleux de pouvoir ne pas subir de blessures face à une agression au couteau. Car par nature ce qui caractérise ce type d’agression, c’est l’imprévisibilité (apparition, trajectoire, vitesse...). Mais à partir du moment ou le couteau est dissimulé, si ce n’est l’application de tactiques (et surtout pas de techniques), la réalité est têtu.

  • le couteau peut apparaître à n'importe quel moment ;
  • lors d'une altercation verbale, les protagonistes sont souvent à courte distance ;
  • l’individu qui n'a pas le couteau dissimulé est trop souvent focalisé sur la discussion et non pas sur les comportements de son agresseur ;
  • l’individu qui est en possession du couteau sait qu'il l'a et attend ou non, le moment opportun pour l’utiliser ;
  • l’agresseur aura toujours un temps d’avance sur l’agressé
  • le couteau peut surgir une fois que la rixe à commencer (debout ou au sol) ;
  • les agressions aux couteaux sont les plus souvent des embuscades ;
  • par terreur, face à un couteau nombre d’humain tombe au sol (3)

Les certitudes qui faut connaître face un couteau

  • Tout ira très vite ;
  • la vision sera totalement brouillée ;
  • il ne sera probablement pas possible de fuir ou d’éviter l'agression ;
  • arrêter/éviter le ou les premiers coups de couteau ne sera probablement pas possible ;
  • il y aura très peu d'espace pour agir ;
  • l’état de sidération et toutes ses conséquences vont nous engloutir ;
  • les mouvements seront raccourcis ;
  • les compétences motrices fines auront totalement disparu ;
  • vous allez reculer, perdre l’équilibre et vous tomberez probablement au sol ;
  • il sera très difficile et de toute façon dangereux d’accéder au bras qui tient le couteau ;
  • il ne sera probablement pas possible de fuir ou d’éviter l'agression ;
  • avant que l'agression ne soit lancée la probabilité de voir le couteau, sera faible ;
  • la probabilité d’être blessé un certain nombre de fois est très importante ;
  • il est plausible de ne même pas se rendre compte que l’on a été blessé ;
  • toute technique basée sur des clefs et des manipulations précises du bras est illusoire, chimérique, et a très peu de probabilité d’aboutir ;
  • toute technique qui à pour objectif final d’exécuter deux gestes simultanément sous stress, est irréalisable ;
  • toute technique qui repose sur des hypothèses d'attaque et sans acharnement est utopique, imaginaire et irresponsable par sa transmission


Discussion

Dans les conseils cités de façon récurrentes par les « éminences », prendre la fuite remporte la palme de « l’enfonçage de porte ouvertes ». Notre cerveau reptilien n’a pas attendu pour savoir le faire. Sauf qu’il faut pouvoir physiquement arriver à le faire. Il faudra aussi peut-être au contraire, se battre jusqu’au bout pour arriver à survivre. Avec toujours l'idée de fuir le plus tôt possible. Quand et à quel moment ? La réalité est têtue.

Sources

(1) https://lecerveau.mcgill.ca/flash/i/i_03/i_03_m/i_03_m_dou/i_03_m_dou.html#2
(2) Beaulieu JM, Gainetdinov RR. The physiology, signaling, and pharmacology of dopamine receptors. Pharmacol Rev. Mars 2011.
Gerra G, Leonardi C, Cortese E, Zaimovic A, Dell'agnello G, Manfredini M, Somaini L, Petracca F, Caretti V, Saracino MA, Raggi MA, Donnini C. Homovanillic acid (HVA) plasma levels inversely correlate with attention deficit-hyperactivity and childhood neglect measures in addicted patients. J Neural Transm. 10 août 2007
(3) Patrice Bonnafoux 2016 Urban Fit & Fearless™ Londres

 

16/09/2019


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