22/06/2020

Nombre d'agressions au couteau en France : le mensonge

Nombre d'agressions au couteau en France : le mensonge médiatique ?

Le nombre d’agressions au couteau en France est en passe de devenir le marronnier d’une certaine frange de la presse hexagonale.

 

Dans tous les cas, si l’on souhaite obtenir des informations sur le niveau d’existante de l’attaque au couteau en France par jour, il est plus utile d’aller rechercher des informations dans d’autres pays

 

Tous les moyens sont bons pour tenter de faire vendre ce nombre d’agressions au couteau en France. Sauf qu’à chaque fois, les médias de la peur se retrouve dans l’obligation d’avouer qu’en réalité : « les services de police et de gendarmerie ont du mal à les quantifier précisément » (1) N’y aurait il pas un léger biais dans le message transmit ?

Dans le traitement et la transmission d’une information à une population, l'importance des médias ne peut guère être surestimée. Les médias, quels qu’ils soient transmettent et créer des informations. Ce faisant, ils influencent la perception, les connaissances et la mémoire d’une population. Ils mettent leur sceau sur la politique, l'économie et la culture. Ils sont une partie importante de l'activité de temps libre et du discours quotidien.

 

Des événements exceptionnels telles que les guerres et les révolutions sont liées aux médias, comme le sont à long terme les développements et schémas d’interprétation de la politique, de la religion et des idéaux sociologiques en tout genre. Vus sous cet angle, les médias ne sont pas un « miroir » réaliste du « monde réel », mais font eux-mêmes partie intégrante de ces réalités sociales.

 

La famille assise devant la télévision et le politicien qui lit un journal est aussi réelle que les médias eux-mêmes. Le simple fait de croire au pouvoir des médias peut amener les gens à changer leur façon de vivre, d'agir et de communiquer. Ils endossent une lourde responsabilité qui a été depuis bien longtemps oublié, au profit de la vitesse de parution, l’audimat et l’appât du gain.

Histoire humaines et médias de masse

L'importance historique des médias n'a pas commencé avec l'ère d'Internet. Si les médias sont interprétés au sens large comme un moyen de communication, alors ils ont été une composante essentielle de l’histoire humaine depuis que les gestes, la parole et l'écriture ont structuré l'homme.

 

La technique des « médias de masse » a joué un rôle déterminant au moins depuis l’avènement de l’imprimerie, qui a donné à de nombreuses personnes un accès régulier à des sources de communication écrite.

 

De plus, chaque média possède ses altérations de perception, des biais de couverture, car un seul et même concept est formulé, compris et interprété différemment selon qu’il apparaît pans la presse papier, sur Internet ou à la télévision.

L'évolution des médias est lourde de préoccupations et de problèmes. Des accusations de contrôle mental, de parti-pris et de contenu de mauvaise qualité sont régulièrement lancées.

 

Pourtant, la croissance des technologies de communication permet aujourd'hui à tout un chacun de trouver plus d'informations plus facilement que n'importe quelle génération précédente. Il suffit d’ajouter à cela le matraquage dans le temps pour se rendre compte de son poids dans la société.

 

La répétition à outrance permet de faire mémoriser au cerveau humain absolument tout et d’amorcer ou d’activer certaines idées et actions. « Nous ne vivons pas. Nous sommes conditionnés, endoctrinés, manipulés, pour n'être que des serviteurs d'un système. » Pierre Rabhi. La peur étant l'émotion la plus efficace.

 

Elle permet de vendre, de contrôler, de dissuader... À l’instar d’un animal que l’on souhaite conditionner, plus cela est répété jeune, plus des générations entière seront imprégnées. Ce n'est pas parce qu'un mensonge est répété plusieurs fois que cela ne reste pas un mensonge : « un mensonge répété mille fois se transforme en vérité » Joseph Goebbels.

Effets médiatiques et violence

Les médias peuvent influencer les humains de très nombreuses façons. Cette influence est souvent subtile et difficile à remarquer. Les individus peuvent également imiter les comportements dépeints dans les médias à court terme et apprendre à se comporter à long terme en ayant intégré ces modèles médiatiques.

 

Les effets de la violence dans les médias sont bien documentés, notamment le fait de croire qu'une personne est plus susceptible de devenir victime de violence, de devenir insensible à la violence ou de se comporter de manière plus agressive.

 

D'autres effets médiatiques incluent la promotion d'un comportement prosocial, la formation d'attitudes... La connaissance de l'influence des médias nocifs est important pour identifier et se protéger.

La radicalisation des comportements des faits divers ?

« Les faits divers se multiplient et les autorités s’inquiètent de la « radicalisation des comportements » (1). « Les faits divers se multiplient ? » C’est totalement vrai, sauf qu’il n'y a pas de faits divers dans la vie réelle. Le fait divers, c’est la mise en récit d’une information qui intéresse les journalistes et qui va être médiatisée.

 

Lætitia Gonon dans son étude sur les faits divers au XIX caractérise tout le paradoxe de ces récits qui tente de mettre en avant le caractère « épouvantable » et en même temps « extraordinaire » de l’événement tout en usant de modèles textuels stéréotypés afin de faciliter, par ce procédé, la compréhension de l’événement par le lecteur : « le fait divers serait ainsi la répétition du même sous le déguisement de la nouveauté » (p. 57) (2).

 

En majorité, ce sont des sujets sur des actes de violence contre les personnes (agressions, meurtres, enlèvements...). En part moindre, des reportages sur les accidents (naufrages, incendies, noyades...), les actes de banditisme et les violences anti-sociales.

Cet argument est donc fallacieux et n’a absolument rien à voir avec le nombre d’agressions au couteau en France. De surcroît utilisé cet argument non sourcé afin d’appuyer ses propos, alors que c’est cette même presse qui créer ces mêmes faits divers, semble peu pertinent ! (2) L’INA (institut national de l’audiovisuel) révélait qu’entre 2003 et 2013 le nombre de sujets consacrés chaque année aux faits divers dans les médias télévisés des grands organes de presse avait connu une augmentation de 73 % !

 

En 2003, ils représentaient 3,6 % de l’offre globale d’information. Les faits divers pèsent sur la population aujourd’hui 6,1 % de l’offre d’information (3). Ce qui signifie qu’en moyenne le nombre de faits divers traités chaque jour, toutes chaînes confondues, est passé de 3 à 5.

 

Ce quasi-doublement depuis dix ans du nombre de faits divers présentés dans les journaux TV n’est qu’un révélateur de plus de la concurrence que se livrent les chaînes pour l’audimat. L’audimat et pas l’information.

  •  « les autorités s’inquiètent » ? : qu’elles autorités, qu’elle est la source de cette information et qu’apporte t’elle au lecteur ? Rien si ce n’est de la peur, fondée sur des « ont dit ».
  • « radicalisation des comportements » (5) : radicalisation ? Farhad Khosrokhavar, sociologue franco-iranien, directeur d'études à l'EHESS (École des hautes études en sciences sociales) a défini la radicalisation dans son ouvrage en 2014 : « Par radicalisation, on désigne le processus par lequel un individu ou un groupe adopte une forme violente d'action, directement liée à une idéologie extrémiste à contenu politique, social ou religieux qui conteste l'ordre établi sur le plan politique, social ou culturel. ». La terminologie « radicalisation des comportements » possèdent cette caractéristique troublante et paradoxale de donner l’impression, à celui qui lit, d’une étrange répétition associer à la violence.
  • « Le verdict de la police est sans appel : depuis plusieurs années, la France fait face à une recrudescence certaine des agressions et principalement des attaques à l’arme blanche. » (1) : « Sans appel » ? D’une part, il est établi qu’il est difficile de pouvoir donner des chiffres fiables sur ce phénomène en France. D’autre part, la Police et la Gendarmerie ne sont pas en charge de cette comptabilité. Il s’agit là encore simplement d’un argument d’autorité (6).  
  • « attaques à l’arme blanche. » : le Code de la Sécurité Intérieur Article R311-2 défini ainsi les armes blanches : « Au regard de la réglementation française, l'expression « arme blanche » désigne toute arme dont l'action perforante, tranchante ou brisante n'est due qu'à la force humaine ou à un mécanisme auquel elle a été transmise, à l'exclusion d'une explosion. Exemples d'armes blanches : les couteaux, les matraques, ... » (7) « et ceci qu'elle soit constituée de bois, de pierre, d'os, d’arête, de métal ou de matériaux composites » (8). Les matraques ? Que viennent faire les matraques et autres objets de cette nature dans un article de presse d’un média qui est censé traiter le sujet du nombre d’agressions au couteau en France ? Dans l'enquête statistique du SSMI de 2017 sont englobés les couteaux dans les armes blanches et les armes par destination: « c'est-à-dire des objets utilisés comme armes. » Encore un biais médiatique dans l’interprétation d’un rapport où s’agit il d’une recherche de sensationnalisme ?

Création d’un collectif d’observation indépendant des agressions au couteau

De ce fait, quel est le nombre d’agression au couteau en France (vol, menace et agression physique)  ? Nul ne le sait. Ni L’ONDRP, ni l’INHESJ, ni INTERSTATS (SSMI), ni la Police et la Gendarmerie.

 

La recherche ayant un coût, surtout quand il s’agit d’étudier une population. L’enquête CVS 2019 en métropole s’est élevé à 2,4 Million d’euros en coûts directs de collecte (9).

 

Les coûts de collecte et de formation s’élèvent à 45 ETP (68 355 heures de travail) (10). Ne serait-il pas temps de créer un « collectif d’observation indépendant des violences au couteau » ?

 

Pas un observatoire de plus, mais un collectif d’observation indépendant, à but scientifique, non-partisan et à but non lucratif, qui n’aurait d’autres aboutissement que de produire des informations autres que généralistes et sommes toute totalement inutile.

 

Avec un unique objectif commun : rendre visibles spécifiquement et statistiquement les « violences au couteau » (11) sur le territoire français. Sans cette remonté réelle d’information de « terrain », la construction de système pédagogique de prévention et de formation est utopique.


Les agressions au couteau par jour en France ne se multiplient pas dans les rubriques faits divers. Ces faits ont malheureusement toujours existé... Les 120 agressions par jour « de la diversion »

Parade contre un attaque couteau

Il n'y a pas de « parade contre attaque couteau » en soi qui puisse exister réellement. La « parade glissé contre une attaque au couteau » aussi bien que la « parade contre une attaque au couteau en... Parade contre un attaque couteau


Sources :

(1) https://www.lefigaro.fr/actualite-france/plus-de-120-agressions-a-l-arme-blanche-ont-lieu-chaque-jour-en-france-20200216
(2) Le fait divers criminel dans la presse quotidienne française du XIX e  siècle, Lætitia Gonon
https://www.cairn.info/revue-communication-et-langages1-2013-2-page-130.htm#
(3) Le baromètre thématique des journaux télévisés
http://www.inatheque.fr/medias/inatheque_fr/publications_evenements/ina_stat/inastat_lettre_13.pdf
Flambée de faits divers dans les JT depuis dix ans
https://www.acrimed.org/Flambee-de-faits-divers-dans-les-JT-depuis-dix-ans
https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/infos-medias-le-week-end/pourquoi-tant-de-faits-divers-dans-les-jt-de-20h_1744835.html
(4) Farhad Khosrokhavar
http://cadis.ehess.fr/index.php?1142
https://journals.openedition.org/lectures/17541
(5) https://www.valeursactuelles.com/societe/insecurite-en-france-plus-de-120-agressions-quotidiennes-larme-blanche-116130
(6) L’appel à l’autorité
https://www.charlatans.info/autorite.shtml
(7) https://droit-finances.commentcamarche.com/faq/26692-arme-blanche-definition-juridique
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Arme_blanche
(9) Commission « Services publics et services aux publics »
https://www.cnis.fr/wp-content/uploads/2018/12/DPR_2019_1re-reunion_ComSerpu_AO_Insee_CVS-2020.pdf
(10) 1 ETP correspond donc à 1 519 heures de travail sur une année civile, qui peuvent être réalisées par un ou plusieurs salariés
68335 heurs de travail sur une année civile
Que veut dire « ETP » ?
http://www.cpnef.com/index.php/cpnef-centres-sociaux-petite-enfance/cpnef-faq/423-cpnef-faq-definition-etp.html
(11) La terminologie « violences au couteau » englobe l’utilisation de cette arme dans le cadre de vol, de menace et d’agression physique.