26/09/2023

L'insécurité et la délinquance en France

L'insécurité et la délinquance en France

Les questions sur l'insécurité en France reviennent souvent au premier plan. Il peut être difficile de faire réellement la distinction entre une véritable inquiétude et l’exploitation de l’actualité pour attirer un certain public.

 

L'insécurité et la délinquance en France est calculée comme un sentiment, c'est-à-dire à partir d'enquête de victimation. « Depuis 2010, les phénomènes délinquants se transforment tandis que le sentiment d’insécurité reste globalement stable... 20 % des Français s’estiment en insécurité. » (1) Fermer le banc, rien à signaler.

 

Un secteur d'activité profite amplement de ce marché de l'insécurité : depuis 2019, le secteur de la sécurité privée a réalisé un chiffre d'affaires de 7,0 milliards d'euros en France, soit 5,7 milliards d'euros de plus que l'ensemble des activités de support hors location. Existe-t-il un lien entre la montée de l'insécurité et la délinquance en France ?

 

En 2020 et début 2021, en raison de la crise sanitaire, les recettes du secteur de la sécurité ont diminué, mais ont été inférieures à celles de l'ensemble des activités de sécurité et de soutien (- 3,1 % contre 11,9 % en 2020). Avant la crise, l'activité était dynamique (+3,6 % en moyenne annuelle entre 2010 et 2019).

 

Sur les 134 000 employés équivalents temps plein dans ce domaine, 5,0 % sont des gestionnaires, des cadres ou des professions rémunérées à mi-carrière. Le salaire horaire est précaire et le revenu total moyen est inférieur à celui de toutes les activités de support (seulement 13,6 euros de l'heure contre 15,0 euros).

L'insécurité et l'impact sur les entreprise en France ?

En 2019, le secteur de la sécurité privée comptait 5 700 entreprises en France et réalisait un chiffre d'affaires de 7,0 milliards d'euros, soit 5,7 % du chiffre d'affaires de l'ensemble des activités de support hors contrat.

 

Les activités des sociétés de sécurité privées correspondent principalement à la protection des immeubles d'habitation et des locaux professionnels (42 % du chiffre d'affaires), au contrôle et à la surveillance dans le cadre des activités des établissements commerciaux (22 %), au transport d'argent et d'objets de valeur (9 %), contrôler les entrées et les sorties lors d'événements sportifs, de représentations ou d'autres événements ou dans le cadre des opérations d'entreprises non commerciales (9 %).

 

Les activités de sécurité privée représentent 73,1 % des revenus du secteur de la sécurité en France, dépassant largement les systèmes de sécurité (26,2 %) et les enquêtes (0,7 %). Les revenus du secteur de la sécurité privée sont inférieurs à ceux de l'intérim (39,7 milliards d'euros) et du nettoyage (26,0 milliards d'euros), deux activités de support également gourmandes en main d'œuvre.

 

Dans le secteur de la sécurité privée, la majorité de l'activité est destinée aux entreprises et aux gouvernements (95 % du chiffre d'affaires), tandis que les particuliers représentent 18 % du chiffre d'affaires des systèmes de sécurité. Depuis la crise, la baisse de l’activité a été moins prononcée que celle de l’activité de soutien globale.

Activité de la sécurité privée face à la délinquance

Après 2019, l’activité du secteur de la sécurité privée a diminué, mais dans une moindre mesure que les activités soutenant l’insécurité globale. Son développement est cependant moins favorable que celui du secteur du nettoyage.

 

En 2020, les revenus du secteur de la sécurité privée ont diminué de 3,1 % par rapport à 2019, bien inférieur aux revenus de l'ensemble des activités de support (- 11,9 % et surtout par rapport aux emplois intérimaires du secteur public (- 16,5 %).

 

Au premier semestre 2021, elle est toujours en baisse par rapport à 2019 (- 4,9 %), cependant cette baisse est plus faible que l'ensemble des activités de support (- 8,5 %), mais s'oppose à la hausse (+9,3 %) par rapport au secteur de la propreté.

La fermeture des commerces non-essentiels

Depuis mars 2020, la sécurité privée a été particulièrement touchée par la fermeture des commerces dits non-essentiels lors de trois confinements, le report et l'annulation de foires et d'expositions, ainsi que l'annulation d'événements culturels et sportifs.

 

 Le recours accru aux paiements par carte bancaire a probablement porté préjudice aux opérations des transporteurs de fonds. Cette baisse a toutefois été atténuée par des contrôles accrus dans les magasins d’alimentation et les hôpitaux.

Évolutions de la délinquance et de l'insécurité en 2021 en France

Selon le dernier instantané de l’insécurité et de la délinquance en 2021 en France, les chiffres semblent en hausse pour :

  • les violences sexuelles enregistrées par la police et la gendarmerie. Elles ont augmenté de 33 % en 2021, notamment en raison de l’augmentation du nombre de déclarations d’informations anciennes ;
  • fraude (+15 %, après +1 % en 2020 et +11 % en 2019) ;
  • le nombre de suspects de trafic de drogue a augmenté de 13 % et de 38 % pour usage de drogue, notamment en raison de l'imposition d'amendes forfaitaires ;
  • délinquance sur les personnes. Elles progressent également et retrouvent cette tendance haussière d’avant la crise.
  • le nombre de victimes pour blessures intentionnelles (chez les personnes âgées de 15 ans et plus) enregistre une augmentation en 2021 (+12 %, après +1 % en 2020 et +8 % en 2019) : +14 % pour les victimes de violences conjugales et +9 % pour les victimes d'autres agressions volontaires et coups et blessures.

Des statistiques en baisse ou stables

En revanche, les statistiques de la délinquance sont stables ou en baisse sur :

  • les atteintes aux biens, après une forte baisse en 2020 sur fond de restriction de mouvement repartent légèrement à la hausse, tout comme les vols non-violents contre les personnes (+5 %, après -24 % en 2020) ainsi que les vols de pièces de véhicules (+4 % après -18 % en 2020). ) ;
  • les cambriolages d'habitations et les vols de véhicules restent stables (après respectivement -20 % et -13 % en 2020) ; vols violents à main armée (-6 %). (2)

Toute recherche de pouvoir passe par la peur

Depuis la campagne pour les élections municipales de 1983, l'insécurité et la peur de la délinquance sont des éléments constitutifs et indispensables du fonds de commerce de toute recherche de pouvoir.

 

Depuis bien plus longtemps encore, à partir des lois Peyrefitte de 1978 et 1981, ces peurs occupent une place centrale dans la feuille de route de toutes les personnes qui souhaitent séduire des partisans. Voilà donc cette insécurité et cette délinquance devenue, en un tiers de siècle, l'argument phare marketing omniprésent dans le débat public. (3)


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